*Agiburzōn (Perche, sorte de poisson), substantif, nord germaniquevieux suédois :
ag(h)borre, suédois :
abborre, danois :
aborreDe
→ *Agi-, avec second terme à rapproche de la racine indo-européenne *
bhres, *
bhares (pique, pointe). A comparer avec
→ *Barsa-,
→ *Barsiha-, termes germaniques occidentaux désignant le même poisson.
*Agjō- (Arête, tranchant, bord, épée), substantif féminin, germanique commun gotique :
agi (uniquement attesté dans les noms de personnes)
vieil haut allemand :
egga,
ecka, vieux saxon :
eggia, allemand :
eckevieux frison :
egg,
igvieil anglais :
ecg, anglais :
edgevieux norrois :
egg, suédois :
eggSe compare directement à d'autres termes indo-européens : latin
aciēs (tranchant, perçant, français →
acier) et, avec suffixe en [r], sanscrit
áśri- (bord, tranchant), grec ancien
okrís (arête montagneuse), moyen irlandais
ochair (bordure, arête) et peut-être hittile
hēkur- (rocher, sommet rocheux). Tous ces mots sont issus d'une racine indo-européenne *
ak- (pointu) qui a connu de nombreux développements.
Se rencontre fréquemment au sens de "épée" dans l'anthroponymie.
*Agwijō- (Ile, zone humide), substantif féminin, germanique commun vieil haut allemand :
ouwa, allemand :
au,
aue,
ei(land)néerlandais :
(land)ouwvieil anglais :
īg, anglais :
is(land)vieux norrois :
ey, suédois :
ö, islandais :
ey,
eyjaDérivé sur
→ *Ahwō- (eau, rivière). L'anglais
island, l'allemand
eiland et le néerlandais
landouw sont des composés avec
→ *Landa-. L'anglais a subi l'influence de l'ancien français
isle. Le terme est très courant en toponymie : Haguenau, Landau, Hanau, Guernesey, Jersey, Orkney, etc...
*Ahwō- (Eau, rivière), substantif féminin, germanique commun gotique :
ahwavieil haut allemand :
aha, vieux saxon :
aha, allemand :
ach(e)vieux frison :
ā,
ē, néerlandais :
aavieil anglais :
ēa, anglais :
eavieux norrois :
ó,
á, suédois :
å, islandais :
áD'une racine européenne *
akwā ou *
əkwā (eau, eau courante) que l'on retrouve dans le latin
aqua (français →
eau). Le hittite
ekuzi (reçoit de l'eau, boit) et les tokhariens A et B
yok (boire) sont possiblement des formes verbales de même origine. Très courant dans le domaine de l'hydronymie, notamment dans les noms de rivières dans le sud de l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse. Par exemple : Salzach, Loisach, etc... On peut également citer en France l'Aa ou la ville d'Eu qui tire son nom de la Bresle. Voire également le dérivé
→ Agwijō-.
*Aik- (Chêne), substantif féminin, nord germanique
*Aikō- (Chêne), substantif féminin, germanique occidentalvieil haut allemand :
eih(ha), vieux saxon :
ēk, allemand :
eichevieux frison :
ēk, néerlandais :
eik(boom)vieil anglais :
āc, anglais :
oakvieux norrois :
eik, suédois :
ek, islandais :
eikA rapprocher du latin
aesculus (sorte de chêne de montagne) et des termes grecs anciens
aigílōps et
aígeiros (peuplier noir). On suppose, en raison de la dureté du bois et sur le même principe que la relation en latin entre
robur (français →
chêne rouvre) et
robustus (français →
robuste), qu'on aurait à faire à l'origine à une racine signifiant "dur". On s'appuie notamment sur une racine reconstituée *
ajeg- désignant à l'origine la glace comme "la dure" et qui aurait donné le vieux norrois
jokull (glaçon, bloc de glace) et le moyen irlandais
aig (crystal). Voire le diminutif
→ *Aikilōn.
*Aikilōn (Gland, fruit du chêne), féminin, germanique continental vieil haut allemand :
eihhils, allemand :
eichelTerme avec suffixe d'appartenance au genre du terme d'origine sur
→ *Aik-, → *Aikō-. Sens originel : "celui qui est du chêne".
*Aikurna- (Ecureuil), substantif masculin ou neutre, germanique communvieil haut allemand :
eihhurn(o),
eihhorno, allemand :
eichhörnchen,
eichhornneerlandais :
eekhornvieil anglais :
ācwernvieux norrois :
ēkorne, suédois :
ekorre, islandais :
íkorniLa racine originelle est *
woiwer-, également envisagée avec vocalismes en [ā] ou en [ē] pour la première syllabe.
*Aikurna- se compare directement au lituanien
vėverìs,
vaiveris,
voverìs, au vieux russe
věverica, au gallois
gwiwer, à l'irlandais
georog ou au latin
vīverra (furet). Le germanique a la particularité, en comparaison des autres termes hérités, d'avoir remplacé le [w] central par un [k] et d'avoir éliminé le [w] initial (parallèle dans l'irlandais régional
iora). La racine indo-européenne est *
(w)oiwr-, dont le sens originel est inconnu. L'allemand moderne
eichhorn,
eichhörnchen a subi l'influence de
horn (corne); la relative petite taille de l'animal pouvant expliquer l'apparition de formes diminutives (petite corne) comme dans
eichhörnchen.
*Airu- (Messager, Emissaire), substantif masculin, germanique commungotique :
airuLes verbes
árna (vieux norrois) et
airinōn (gotique), tous deux avec la signification de "rapporter", "être emissaire", sont de même origine.
*Aistan (Craindre, révérer), verbe, germanique orientalgotique :
aistanVerbe uniquement attesté par le gotique. Probablement issu d'une forme *
aids-d- apparentée à *
aids-ā- qui a donné
→ *Aizō-. Le vieil irlandais
ítte (louer, révérer) est peut-être de même origine.
On retrouve probablement la racine dans le nom de personne Septimius Aistomodius (inscription de Carnuntum - IIème siècle ap. JC).
*Aizō- (Considération, respect, honneur), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
ēra, vieux saxon :
ēra, allemand :
ehrevieux frison :
ēre, neerlandais :
eervieil anglais :
ārvieux norrois :
eirOn suppose comme point de départ une racine *
aids-ā- dérivée d'un *
aids- que l'on retrouve dans le grec ancien
aidós (respect, crainte) apparenté à
aidéomai,
aídomai (je crains, je respecte). De la même famille et d'une racine *
aids-d-, voire
→ *Aistan.
*Akra- (Champ, lieu cultivé), substantif masculin, germanique commungotique :
akrsvieil haut allemand :
ackar, vieux saxon :
ackar, allemand :
ackervieux frison :
ekker, neerlandais :
akkervieil anglais :
æcer, anglais :
acrevieux norrois :
akr, suédois :
åker, islandais
akurTerme hérité de l'indo-européen. On reconstruit une racine *
aģros (champ) que l'on retrouve dans le sanscrit
ájra- (surface, plaine), le grec ancien
agrós (champ, pays) ou le latin
ager (champ, étendue plane, français →
agraire,
agricole, etc...). Plusieurs rapprochement ont été tentés pour explique l'origine du terme. La meilleure hypothèse rapproche de la racine *
aģ- (conduire, mener) dont le sens premier semble avoir été "récolter". Le champ serait donc originellement dans les langues indo-européennes le lieu où l'on ramasse, l'on récolte. Voire
→ *Akrana- (fruit sauvage).
A noter la gémination du [k] devant le [r] en germanique occidental.
*Akrana- (Fruit sauvage), substantif neutre, germanique commungotique :
akran (gain, fruit)
vieil haut allemand :
ekarn, allemand :
ecker, (buch)
eckervieil anglais :
ǣcern,
ǣcirn, anglais :
acornvieux norrois :
akarn, suédois (dialectal) :
akarn, islandais
ákarnLe terme a pris très tôt le sens de "gland" que l'on retrouve dans les langues scandinaves, en anglais, mais également en allemand (eckern) en tant que couleur de jeu de carte. Se compare directement en dehors du germanique avec le moyen irlandais
áirne (prunelle) ou le gallois
aeron (fruit, baie) issus de *
agranjo-, *
agrinjo-. On citera sinon le grec ancien
ágrios ou le latin
agrestis (qui pousse de manière sauvage). Un lien avec la racine balto-slave *
ōg- (baie) est probable. Concernant l'origine indo-européenne du terme, voire
→ *Akra- (champ, lieu cultivé).
*Albi- (Elfe, figure mythologique), substantif masculin, germanique commun
*Alba- (Elfe, figure mythologique), substantif masculin, germanique commun vieil haut allemand :
alb, vieux saxon :
alf, allemand :
alb,
alp vieil anglais :
ælf (pluriel
ylfe), anglais :
elf vieux norrois :
alfr, suédois :
alv,
alf,
älva, islandais :
álfkona,
álfkurL'origine du terme est discutée. La première hypothèse le rattache au sanscrit
rbhú- qui désignait des demi-dieux artisans dans la mythologie indienne. Ceci peut concorder avec l'image d'excellents forgerons que possédaient les elfes et les nains. La deuxième hypothèse - la plus probable - rapproche du latin
albus (blanc) et trouve un soutien dans l'existence d'elfes de lumières dans la mythologie nordique. La dernière établit un lien avec les
alpe, esprits des montagnes dans les Alpes.
Les termes allemands
alb et
alp ont pris le sens de cauchemar. C'est l'anglais
elf qui s'est imposé en allemand et en néerlandais pour désigner les êtres mythologiques.
Fréquemment utilisé en anthroponymie.
*Alizō- (Aulne), substantif féminin, germanique commungotique : *
alisa (déduit d'après l'espagnol
aliso)
vieil haut allemand :
erila,
elira, vieux saxon :
elira, allemand :
erle,
eller (issu du bas allemand)
néerlandais :
elsvieil anglais :
alor, anglais :
alder (avec [d] introduit au XIVème s.)
vieux norrois :
olr, suédois :
alsläktet, islandais :
elriLes termes les plus proches du germanique se rencontrent dans le domaine slave : russe
ól'chá, tchèque
olše. On retrouve dans d'autres langues européennes des formations avec [n] : latin
aulnus (français →
aulne), lituanien
alksnis ou letton
èlksnis. On suppose comme point de départ un terme qui aurait pu signifier "jaune, orangé".
*Alja- (Autre, différent), adjectif, pronom, germanique commun gotique :
aljisvieil anglais :
elles, anglais :
elseIssu de la racine indo-européenne *
al- désignant l'"autre", "celui qui est différent", qui a également donné le grec
allos, le latin
allius (français →
autre) ou le gaulois
allos (peuple des Allobroges). Voire
→ *Alna-,
→ *Ala- (tout).
*Alna- (Tout), adjectif, pronom, germanique commun
*Ala- (Tout), adjectif, pronom, germanique commun gotique :
allsvieil haut allemand :
al(l), vieux saxon :
al(l), allemand :
allvieux frison :
al(l), néerlandais :
alvieil anglais :
eall, anglais :
allvieux norrois :
allr, suédois :
all, islandais :
allurSe compare le mieux avec l'osque
allo (total, complet, de *
alno- ?). Probablement issu d'une racine indo-européenne *
al- désignant l'"autre", "celui qui est différent". Voire
→ *Alja- (autre, différent).
*Amslōn (Merle), germanique occidentalvieil haut allemand :
amsla, allemand :
amselvieil anglais :
ōsle, anglais :
ouzelA comparer (*
mes- au lieu de *
ames-) avec le latin
merula (français
→ merle).
*Ansu- (Dieu, membre de la famille des Ases), masculin, germanique communallemand :
asenéerlandais :
asevieil anglais :
ōsvieux norrois :
áss, suédois :
as, islandais :
ásOn rapproche souvent du sanscrit
ásura-, avestique
ahura-, nom d'une famille de dieux, également "dieu" (de *
nsu-). On évoque également le hittite
haššu- (roi).
Fréquent en anthroponymie.
*Ansu- est aussi le nom de la quatrième lettre de l'alphabet futhark.
*Anudi- (Canard), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
anut, vieux saxon :
anad, allemand :
enteneerlandais :
eendvieil anglais :
ened,
ænedvieux norrois :
ond, suédois :
and, islandais :
öndDe la racine indo-européenne
*(h)anət- (canard et autres oiseaux fréquentant les milieux aquatiques) ayant abouti au sanscrit
ātí-, au grec ancien
nessa (de *
nətjə), au lituanien
ántis, au vieux slave
otys ou au latin
anas. La voyelle centrale [u] s'explique ici assez mal. Elle aurait dû disparaître. A noter également que la forme sanscrit est ambigüe et vague d'un point de vue sémantique.
Le terme a été éliminé en anglais au profit de
duck, voire
→ *Dūkan- (plonger).
*Apuldra- (Pommier), substantif masculin, germanique commun
*Apuldrō- (Pommier), substantif féminin, germanique commun vieil haut allemand :
affoltra,
affaltar, vieux saxon :
apuldra,
apalder, allemand :
affoltervieil anglais :
apuldre,
æppeldervieux norrois :
apaldrComposé avec
→ *Aplu- et
→ *Trewa-.
*Arbija- (Héritage), substantif masculin, germanique commun
*Arba- (Héritage), substantif masculin, nord germanique gotique :
arbivieil haut allemand :
erbi, vieux saxon :
erbi, allemand :
erbevieux frison :
ervevieux norrois :
erfi,
arfr, suédois :
arv, islandais :
arfurLe correspond de
Arbija- en vieux norrois,
erfi, signifie "repas de funérailles", tandis que c'est le terme issu
Arba-,
arfr, qui a le sens au sein du rameau nordique de "héritage". La série
Arbija-,
Arba-,
→ Arbijōn,
→ Arbōn du vieux norrois correspond exactement à ce que propose le vieil irlandais :
orb (de *
orbho-, héritage, héritier),
orbe (de *
orbhijo-, part d'héritage) et
comarbe (de *
kom-orbhijo-, héritier, successeur). On suppose donc plusieurs termes celto-germaniques *
órbho- (héritage), *
orbhó- (héritier), *
orbhijo- (ce qui a trait à l'héritage) et un dérivé de ce dernier, avec *
kom- en celtique et la formation d'agent *
-ōn en germanique, pour désigner l'héritier, le successeur.
Par ailleurs le vieux norrois
arfi, en plus de signifier "héritier", avait également le sens d'"orphelin". Le finnois
orpo (orphelin), qui est un emprunt au germanique, le confirme. Cela nous rapproche du sens originel de la racine qui désignait celui qui perd sa parenté, celui qui succède. On a à faire à une racine européenne *
orbhó- (délaissé, orphelin), également à l'origine du latin
orbus (démuni, orphelin), de l'arménien
orb (orphelin) et du grec ancien
orphanós (orphelin).
*Arbijōn (Héritier), substantif masculin, germanique commun
*Arbōn (Héritier), substantif masculin, nord germaniquegotique :
arbjavieil haut allemand :
erbo, allemand :
erbevieux frison :
ervavieux norrois :
arbija (runique),
erfi,
arfiVoire le précédent.
*Arnja- (Résolu, décidé, énergique), adjectif, germanique commungotique :
arniba (formation adverbiale)
vieux norrois :
ernProbablement issu d'une racine indo-européenne *
er-, *
or- (se mouvoir, s'animer). Voire
→ *Ernustu- (résolution, fait d'être prêt à combattre).
*Arōn (Aigle, oiseau de proie), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
aro,
arn, vieux saxon :
aro,
arn, allemand :
aarneerlandais :
arendvieil anglais :
i(e)rfe,
yrfevieux norrois :
orn,
ari, suédois :
örn, islandais :
örnSe compare directement, avec les mêmes irrégularités, au hittite
haraš (génitif
haranaš) et plus lointainement (vocalisme en [e]) avec le vieil irlandais
ilar, le gallois
eryr, le lituanien
erelis ou le vieux slave
orĭlŭ. La racine indo-européenne supposée est *
har-en- (aigle, oiseau de proie), elle même en relation avec *
harg-, et de là à rapprocher du grec ancien
argós (brillant, rapide). Le sens originel est donc "le rapide", "celui qui se déplace avec célérité". Le mot a été progressivement éliminé en allemand par le composé
adelare (moderne
adler), avec comme premier élément
adel (voire
→ Aþala-), soit "aigle noble". Voire également
→ *Sparwārōn (Epervier) dont le second élément est
*Arōn.
*Aska- (Frêne, orne, lance), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
asc,
asca, vieux saxon :
asc, allemand :
escheneerlandais :
eschvieil anglais :
æsc, anglais :
ashvieux norrois :
askr, suédois :
ask, islandais :
askurOn remonte à une racine indo-europénne *
osk-, comme en témoignent le grec ancien
oxýa (hêtre, lance), l'albanais
ah (hêtre), ou l'arménien
haci (frêne). Parallèlement on retrouve des formations avec [n] dans d'autres langues : latin
ornus (français →
orne) de *
osino-, vieil irlandais
(h)uinnius, gallois
onnen, russe
jásen, etc... Le lituanien
úosis remonte à un balto-slave *
ōs-. Comme ce fut le cas en latin avec
fraxinus (français →
frêne) ou
ornus, le frêne a fréquemment été associé avec les armes qui étaient faites de son bois, en particulier la lance. Ainsi
*Aska- a servi à la fois à désigner l'arbre et la lance.
*Aspō- (Tremble), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
aspa, allemand :
espeneerlandais :
espvieil anglais :
æsp(e), anglais :
aspenvieux norrois :
osp, suédois :
asp, islandais :
öspLe terme originel était *
apsō-, qu'on reconnait encore dans le vieil anglais
æpse, avant la généralisation d'une phénomène de métathèse.
*Aspō- peut se comparer directement avec le lituanien
apušis (de *
op(u)si-) et le russe
osína (de *
opsi-nā). Si le turc
apsak (peuplier) et le tchouvache
ėwēs (tremble) ont été empruntés à une langue indo-européenne, alors on pourra supposer que le terme était originellement davantage répandu.
*Asta- (Branche), substantif masculin, germanique commungotique :
astsvieil haut allemand :
ast, vieux saxon :
ast, allemand :
astD'une racine indo-européenne *
ozdo- que l'on retrouve dans le grec ancien
ózos et dans l'arménien
ost. Il s'agit probablement à l'origine d'une association **
o-sd-o ("ce qui est joint", au tronc) avec racine indo-européenne bien connue *
sed- (Voire entre autres
→ *Setjan). Voire également
→ *Ōsta-.
*Aþala- (Noble), substantif neutre, germanique commungotique :
aþala (uniquement attesté dans les noms de personne)
vieil haut allemand :
adal, allemand :
adelnéerlandais :
adelvieux norrois :
ađalL'origine du mot n'est pas établie. L'adjectif germanique occidental
→ *Aþalja- (noble) est formé à partir de
*Aþala-. Le terme
→ *Ōþala-,
*Ōþila- (héritage, propriété) est selon toute vraisemblance de même origine, mais présente une alternance vocalique à degré long.
*Aþala- et l'adjectif dérivé se rencontrent fréquemment dans l'anthroponymie germanique.
Voire également
→ *Euþa- (Rejeton, descendant, héritier).
*Aþalja- (Noble), adjectif, germanique occidentalvieil haut allemand :
edili, vieux saxon :
eđili, allemand :
edelvieux frison :
ethele, néerlandais :
edelvieil anglais :
æđelFormation adjectivale d'appartenance sur le précédent. Fréquent en anthroponymie. Le terme n'est pas attesté en gotique, où l'on retrouve une forme en [n]
aþans en composition dans des noms de personne tels qu'Aþanareiks (Athanaric) ou Aþanagilds (Athanagild).
*Austa- (Est, direction du levant), substantif masculin ou neutre, germanique commun
*Austra- (Est, direction du levant), substantif masculin ou neutre, germanique commun gotique : *
austra (uniquement attesté dans le nom des Ostrogoths :
Austrogoti)
vieil haut allemand :
ōstan,
ōstana, allemand :
osten,
ostvieux frison :
ast,
aster, néerlandais :
oosten,
oostvieil anglais :
ēast,
ēastanvieux norrois :
austan,
austr, suédois :
öster, islandais :
austurTermes issus d'une racine indo-européenne *
ausos (aurore) que l'on retrouve également dans le sanscrit
usā-, le latin
aurora (avec rhotacisme [s] -> [r] typique, français →
aurore), le grec ancien
héōs,
ēōs et le lituanien
aušrà. Le sens "est", en raison de la direction où se lève le soleil, se retrouve, en plus du germanique, dans l'avestique
ušastara-, dans le letton
àustrums et, selon toutes vraisemblances, à l'origine dans le latin
auster qui n'est toutefois attesté que dans le sens de "sud".
A noter le lien avec une possible déesse *
Austrō dont Bède le vénérable évoque l'existence sous la forme vieil anglaise
Ēostre,
Ēastre et qui a donné son nom à la fête de Pâques en anglais
Easter et en allemand
Ostern, probablement parce qu'un culte en son honneur avait lieu au mois d'avril (dont le nom était
Ēosturmanoth en vieil anglais). Si cette divinité a réellement existé, on pourrait alors la comparer à l'
Eos grecque et à l'
Aurora latine.
*Awi- (Mouton), substantif masculin, germanique commungotique :
aweþi (troupeau de moutons)
vieil haut allemand :
ouwi, allemand (dialectal) :
au,
aue (brebis)
néerlandais :
ooi (brebis)
vieil anglais :
eow, anglais :
ewe (brebis)
D'une racine indo-européenne *
owi- que l'on reconstruit à partir du sanscrit
ávi-, du grec ancien
óis, du lituanien
avìs ou du latin
ovis (français →
ouaille,
ovin). On trouve également des cognats dans le domaine celtique (vieil irlandais
ói), en tokharien B
ā(u)w, dans le domaine slave (vieux slave
ovĭca) et chez les Hittites
hauj. Il s'agit selon toutes vraisemblances du terme générique indo-européen pour désigner l'espèce. Comme dans les cas de
→ *Gait(i)- (chèvre), de
→ *K(w)ōu- (vache) et de
→ *Sū- (truie), il semble que le mot désignant l'espèce se soit progressivement spécialisé en germanique sur son représentant femelle.