*Ebura- (Sanglier), substantif masculin, germanique occidental
vieil haut allemand :
ebur, vieux saxon :
ebur, allemand :
ebervieil anglais :
eoforLe mot n'est attesté en Scandinavie que sous la forme
jofurr et dans le sens de "prince". On retrouve des termes issus d'un même étymon dans d'autres langues indo-européennes : latin
aper avec vocalisme divergent et vieux slave
veprĭ, letton
vepris avec initiales en [v].
*Eburō- (If), substantif féminin, germanique continental
allemand :
eberescheL'allemand moderne
eberesche est issu d'un composé entre
*Eburō- et
→ *Aska- (fresne, orne). Le terme est probablement d'origine celtique et est passé en germanique dans les zones contacts entre les deux entités linguistiques (plaine rhénane, Ardennes, Eifel, etc...). Le proto-celtique
eburos est fréquent dans l'onomastique :
Eburones,
Eburovices -> Evreux,
Eburodunum -> Yverdon, etc... Pour le terme germanique originel voire
→ *Ihwa- (if).
*Eburō- s'est peut-être confondu sémantiquement avec
→ *Ebura- (sanglier), ce qui pourrait expliquer que les Aulerques Éburovices aient eu le sanglier comme emblême sur certaines monnaies.
*Egīla- (Hérisson), substantif masculin, germanique commun
*Egila-, (Hérisson), substantif masculin, germanique occidental
vieil haut allemand :
igil, vieux saxon :
igil, allemand :
igelnéerlandais :
egelvieil anglais :
igel,
īlvieux norrois :
ígullD'une racine indo-européenne *
eghi- qui a donné : le lituanien
ežys, le vieux slave
ježĭ, le grec ancien
echĩnos ou l'arménien
ozni, tous de même sens. La forme de base semble avoir déjà eu le sens de "hérisson". On la rapproche parfois de *
eghi- (serpent, ver), si bien qu'on pourrait envisager le hérisson originellement dénommé comme "celui qui est du même genre que les serpents", ou comme "le mangeur de vers".
*Ehwa- (Cheval), substantif masculin, germanique commungotique :
aihwsvieil haut allemand :
eha- (dans les noms de personne)
vieil anglais :
eoh,
īlvieux norrois :
jórD'une racine indo-européenne *
ekwos que l'on retrouve dans le latin
equus (français &rarr
equestre,
équidé, etc...), dans le sanscrit
áśva-, dans le lituanien
ašvà, dans la tokharien A
yuk, dans la tokharien B
yakwe, dans l'irlandais
each, etc... C'est également le nom de la dix-neuvième lettre de l'alphabet futhark.
*Elha- (Elan), substantif masculin, germanique occidental
*Elhōn (Elan), substantif masculin, germanique occidental
*Algi- (Elan), substantif masculin, nord germaniquevieil haut allemand :
elahho, allemand :
elchvieil anglais :
eolhvieux norrois :
elgrLes terme germaniques sont à rapprocher directement avec le latin
alcēs, le grec ancien
álkē, le russe
los (de *
olki-) et peut-être, plus lointement, avec le sanscrit
ŕśya- (bouc antilope). Il s'agit d'une extension en [k] sur la racine indo-européenne *
el- qui a servi à désigner des animaux à cornes. Cette racine a également été productive avec des dérivés en [n] : arménien
ełn (cerf), grecs anciens
ellós (jeune cerf) et
élaphos (avec [a] grec pour [n] indo-européen), gallois
elain (biche), lituanien
élnis ou
álnis (cerf), letton
alènis (élan) ou vieux slave
jelenĭ (cerf). Le français →
élan, tout comme l'anglais
eland, l'allemand
elen ou le néerlandais
eland, est un emprunt à l'une des langues baltes.
*Algi est aussi le nom de la quinzième lettre de l'alphabet futhark, peut-être symbole de l'acte de défense.
*Elma- (Orme), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
elm(o),
elmboum,
ilmboum, allemand :
ulme (sous influence du latin
ulmus)
néerlandais :
olmvieil anglais :
elm, anglais :
elmvieux norrois :
almr, suédois :
almEn dehors du domaine germanique se compare avec le latin
ulmus (français → orme), le vieil irlandais
lem et le gallois
llwyf(en). Le vocalisme en [a] dans les langues scandinaves n'est pas régulier.
*Erila- (Guerrier, chef), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
erl, vieux saxon :
erlvieil anglais :
eorl, anglais :
earlvieux norrois :
jarl, islandais :
jarlTrès vraisemblablement apparenté à
→ *Erōn (dispute). Voire également
→ *Ernustu- (résolution, fait d'être prêt au combat). Racine indo-européenne *er-, *or- (se mouvoir, s'animer).
A également été rapproché des termes dans langues baltes signifiant "aigle" : lituanien
erẽlis,
arẽlis, vieux prussien
arelie ou letton
ḕrglis.
A l'origine du nom de peuple des Hérules (
Eruli,
Heruli).
*Erkna- (Pure, véritable, inaltéré), adjectif, germanique commungotique :
airknsvieil haut allemand :
erchanvieil anglais :
eorcnan (uniquement attesté dans le composé
eorcnanstān, pierre précieuse)
vieux norrois :
jarkna (uniquement attesté dans le composé
jarknasteinn, pierre précieuse)
Le gotique présente également un substantif
airkniþa (pureté). Il est difficile d'établir pour cet adjectif une connexion indo-européenne qui soit certaine. Le mot le plus proche est le sanscrit
árjunas (brillant, pure). On serait alors sur une racine *
arģ-, *
areģ- qui a également donné le nom de l'argent dans différentes langues. Par exemple latin
argentum, français →
argent.
Cet adjectif a été utilisé en anthroponymie.
*Ermana- ou *Ermuna- (Colossal, immense), adjectif, germanique commungotique : *
airmans (uniquement dans noms de personne)
vieil haut allemand :
ermenvieil anglais :
irminvieux norrois :
jǫrmunL'origine du terme n'est pas déterminée avec certitude, même s'il existe des hypothèses d'un point de vue indo-européen. Le gotique *
airmans ne nous est parvenu qu'à travers des noms de personnage : Ermanaric (Airmanareiks) ou Ermanagild. Le terme est fréquent en anthroponymie. D'un point de vue mythologique on le retrouve également dans le nom de l'arbre sacrée des Saxons Irminsūl ("Immense colonne" - composé avec
→ *Sūli-) et dans le nom vieux norrois Jǫrmungandr du serpent de Midgard ("Gigantesque bâton" - composé avec
→ *Ganda-). Il s'agit également d'un surnom d'Odin (
Jǫrmunr) dans le
Thulur et dans la
Res Gestae Saxonicae le moine Widukind de Corvey mentionne une divinité dénommée Irmin. On a essayé d'expliquer le nom de peuple germanique des Irminones (parfois Hermiones ou Herminones) cité chez Tacite, Pomponius Mela et Pline l'ancien et celui des Hermundures (probablement ancêtre des Thuringiens) par celui de cette hypothétique divinité Irmin, que l'on propose parfois d'associer à Odin ou à Tyr.
*Ernustu- (Résolution, Fait d'être prêt à combattre), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
ernust, vieux saxon:
ernisti, allemand
ernstneerlandais :
ernstvieil anglais :
eornost, anglais :
earnestFormation en
-(s)ti-, probablement sur un forme verbale (présent)
-nu issue de la racine indo-européenne *
er-, *
or- (se mouvoir, s'animer). On compare directement avec l'avestique
arǝnu- (combat, bataille).
→ *Arnja- (résolu, décidé, énergique) est un adjectif parent issu de la même racine.
Egalement apparentés :
→ *Erōn (dispute) et
→ *Erila- (guerrier, chef).
Le prénom Ernst/Ernest est issue d'une forme adjectival et signifie donc "le résolu", "le décidé".
*Erōn (Dispute), substantif féminin, nord germaniquevieux norrois :
jaraProbablement issu de la racine indo-européenne *
er-, *
or- (se mouvoir, s'animer). Voire
→ *Ernustu- (résolution, fait d'être prêt à combattre) et
→ *Erila- (guerrier, chef).
*Erþō- (Terre), substantif féminin, germanique commungotique :
airþavieil haut allemand :
erda, vieux saxon :
ertha, allemand :
erdevieux frison :
erthe, néerlandais :
aardevieil anglais :
eorþe, anglais :
earthvieux norrois :
jorđ, suédois :
jord, islandais :
jörđA comparer avec le grec ancien
éra, mot de glosse, que l'on retrouve dans l'adjectif
érāze (terrien). A noter également le gallois
erw (champ, pays). Les autres rapprochements possibles sont plus incertains.
*Euþa- (Rejeton, descendant, héritier), substantif masculin, germanique communvieux norrois :
jōðLe seul descendant réellement attesté de
*Euþa- est le vieux norrois
jōð. On peut toutefois considérer la racine comme commune aux différentes langues germaniques en raison de son attestation dans l'onomastique : nom de personne Eutharic en gotique, nom du peuple alémanique des Juthunges, etc... Probablement lié étymologiquement à
→ *Aþala- (noble).