*Fanja- (Marais, terre maraicageuse), substantif neutre, germanique commungotique :
fani (boue)
vieil haut allemand :
fenni, vieux saxon :
fen(n)i, allemand :
fennvieux frison :
fen(n)e, néerlandais :
veenvieil anglais :
fen(n), anglais :
fenvieux norrois :
fen, islandais :
fenSe compare en dehors du monde germanique avec des termes issus d'une racine indo-europénne *
pen- : sanscrit
pánka (boue, excrément, bourbier), vieux prussien
pannean ou moyen irlandais
enach. D'après Knoblauch pourrait être apparenté à la racine indo-europénne *
ap- désignant l'eau avec suffixe d'appartenance *
ap-enko-. En allemand le terme est originaire du nord du pays et dialectal (
fenn,
venn,
fehn,
vehn,
feen). Il se rencontre en toponymie ou en hydronimie. Il a notamment donné le mot wallon et ardennais
fagne et les noms des régions de la Fagne ou des Hautes Fagnes. Il est également à l'origine du français →
fange.
*Fara- (Véhicule, bâteau), substantif neutre, germanique communMême origine que
→ *Faran.
*Faran (Voyager), verbe, germanique commungotique :
faranvieil haut allemand :
faran, vieux saxon :
faran, allemand :
fahrenvieux frison :
fara, néerlandais :
varenvieil anglais :
faran, anglais :
farevieux norrois :
fara, suédois :
fara, islandais :
faraVerbe fort. D'une racine indo-européen *
per- (traverser, porter) que l'on retrouve dans le grec ancien
poreúō (je porte, j'amème) ou le latin
portāre (français →
porter). Voire
→ *Fara-,
→ *Fardi- et
→ *Farejan. De même origine :
→ *Ferdu-,
→ *Fōdra-,
→ *Fōrejan,
→ *Fōrō- et
→ *Furdu-.
*Fardi- (Voyage), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
fart, vieux saxon :
fard, allemand :
fahrtvieux frison :
ferd, néerlandais :
varenvieil anglais :
fyrd,
færdvieux norrois :
ferđ, suédois :
färd, islandais :
ferđSubstantif dérivé en
ti- sur la même racine *
far- que
→ *Faran.
*Farejan (Faire traverser sur l'autre rive), verbe, germanique commungotique :
farjan (voyager sur mer)
vieil haut allemand :
ferien,
ferren, vieux saxon :
ferianvieux frison :
feriavieil anglais :
feri(g)an, anglais :
ferryvieux norrois :
ferja, suédois :
färja, islandais :
ferjaCausatif sur
→ *Faran, spécialisé pour les traversées en bâteau/bac. Des substantifs apparentés existent dans les différentes langues germaniques actuelles : allemand
fähre,
ferge (passeur, batelier), néerlandais
veer, anglais
ferry ou suédois
färja (vieux norrois
ferja).
*Farha- (Porc), substantif masculin ou neutre, germanique occidentalvieil haut allemand :
far(a)h, allemand (forme diminutive) :
ferkel (goret)
néerlandais :
varken
vieil anglais :
fearhD'une forme indo-européenne *
porko- (cochon) attestée dans le latin
porcus (français →
porc), le lituanien
paršas, le vieux slave
prase, le vieux celtique continental (avec perte d'initiale en [p] typique) ou dans certaines langues iraniennes
pasa. La racine indo-européenne est *
perk- (fouiller, retourner la terre). Il semble néanmoins qu'il faille ne pas privilégier un sens "fouilleur", "fouisseur" (avec son groin) comme point de départ. Le terme ayant plutôt désigné originellement la truie, il semble qu'à la source il faille davantage envisqger un mot apparenté à
→ *Furh(ō)- (sillon, lui aussi de *
perk-) et désignant le sexe féminin.
*Farna- (Fougère), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
farn,
farm, vieux saxon :
farn, allemand :
farnnéerlandais :
varenvieil anglais :
fe(a)rn, anglais
fernTerme dérivé de l'indo-européen *
pte/or-(no)- (fougère) qui a également donné le grec ancien
ptéris (le seul ayant conservé le groupe [pt]), le lituanien
papártis, le russe
páporot ou le vieil irlandais
raith. La racine *
pte/or-(no)- est elle-même un dérivé de *
petor/n (aile, voire
→ *Fed(u)rō- ) issu de la racine indo-européenne *
pet- (tomber, voler). La fougère tire donc en germanique, comme dans d'autres langues indo-européennes, son nom de la forme de ses feuilles rappelant des ailes plumées. Correspondant morphologiquement parfaitement au germanique
*Farna, on peut citer le sanscrit
parná (plume, feuille) et le lituanien, avec [s] mobile,
sparnas (aile).
*Fǣrō (Danger, péril), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
fāra, vieux saxon :
fār, allemand :
gefahrnéerlandais :
gevaarvieil anglais :
fǣrvieux norrois :
fár, suédois :
faraDérivé avec degré long sur une racine *
per- (essayer, risquer) que l'on retrouve dans les termes latins
perīculum (français →
péril) et
experīmentum (français →
expérience,
expérimenté), ainsi que dans le grec ancien
peĩra (apprentissage, essai).
*Farsī- (Génisse), substantif féminin, germanique continental
*Farsjō- (Génisse), substantif féminin, germanique continentalallemand :
färseDérivés en [s] à partir de la même racine que
→ *Farza-,
*Farzōn. Bien que
färse soit tardivement attesté, on suppose néanmoins que le mot est ancien et remonte à l'antiquité.
*Farza- (Taureau), substantif masculin, germanique commun
*Farzōn (Taureau), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
far(ro), allemand :
farre(n)vieil anglais :
fearrvieux frison (suffixé) :
fēringvieux norrois :
farriTermes d'origine obscure qui ne se laissent éventuellement comparer qu'avec des mots désignant le bovin femelle : grecs anciens
póris (régional) ou
pórtis, peut-être également arménien
ort (veau, sens originel "jeune vache"). La racine indo-européenne pourrait être *
per-/por- (porter, amener), mais cela demeure très hypothétique. Le germanique a lui aussi aussi connu des formes féminines formées sur le même étymon. Par exemple le vieil exemple vieil anglais
hēah-fore ou l'anglais moderne
heifer (avec premier élément de
→ *Hauha-, haut). Voire également
→ *Farsī-,
*Farsjō-.
*Fasla- (Animal d'élevage, élevage), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
fasal, allemand :
fasel (boeuf ou porc sexuellement mature)
vieil anglais :
fæslOrigine inconnue.
*Fatila- (Pendentif, collier), substantif, germanique communvieil haut allemand :
fezzil, allemand :
fessel (lien, entrave)
vieil anglais :
fetelvieux norrois :
fetillPeut-être de même origine que le verbe faible
→ *Fatōn,
→ *Fat(ō)jan (saisir, obtenir, apporter). L'allemand
fessel a repris le sens issu du vieil haut allemand
fezzara (lien, entrave), issu de
→ *Fetura.
*Fatōn (Saisir, obtenir, apporter), verbe, germanique commun*Fat(ō)jan (Saisir, obtenir, apporter), verbe, germanique communvieil haut allemand :
fazzōn, allemand :
fassenvieux frison :
fatiavieil anglais :
fetianvieux norrois :
fataVerbe dont l'origine pose problème et dont les termes hérités présentent de fortes variations de sens. Il se peut que le vieil anglais
fetian (aller chercher, apporter) et que le vieux norrois
fata (trouver) soit plutôt à mettre en relation avec
→ *Fetan (trouver).
La relation avec l'anglais
fetch n'est pas assurée. Celui-ci descend du vieil anglais
feccan qui n'est pas forcément apparentée à
fetian.
Un lien avec
→ *Fata- (tonneau) est plausible. Voire aussi
→ *Fatila (pendentif, collier).
*Faþi- (Seigneur, mari), substantif masculin, germanique orientalgotique :
faþsMot attesté uniquement en gotique dans le composé
bruþifaþs (marié, époux). Correspond à l'indo-européen *
potis (seigneur, maître, celui qui a du pouvoir, celui qui peut) qui a eu une riche descendance : latin
potis,
impotens,
possibilis,
posse (→ français
pouvoir, de
potis et
sum, littéralement "être maître"), etc..., sanscrit
pati- (maître, seigneur), etc...
*Fed(u)rō- (Plume), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
fedara, vieux saxon :
feđara, allemand :
federvieux frison :
fethere, néerlandais :
veervieil anglais :
feđer, anglais :
feathervieux norrois :
fjođr, suédois :
fjäder, islandais :
fjöđurTerme issu de l'indo-européen *
petor/n (aile), lui-même issu de la racine *
pet- (voler) que l'on retrouve dans le sanscrit
pátati (il vole, il plane) ou le grec ancien
pétomai. En tant que termes hérités de *
petor/n, on peut citer le hittite
pattar, le sanscrit
patangá (volant, oiseau), et les termes gallois
adar,
aderyn,
ederyn (oiseau) et
adain,
aden (aile). Citons également, avec comme signification "plume" ou "aile", le latin
penna (de *
petn-ā, français →
penne), le grec ancien
ptéron, le vieux slave
pero, etc... Voire également
→ *Farna-.
*Feleza- (Rocher), substantif masculin, germanique continental
*Felz- (Rocher, zone rocheuse), substantif masculin, nord germanique vieil haut allemand :
felis, vieux saxon :
fel(i)s, allemand :
felsvieux norrois :
fjall,
fell (montagne), suédois :
fjäll, islandais :
fjallOn remonte à une racine indo-européenne *
pels- qu'on retrouve dans le grec ancien (mot glossé)
pélla (pierre), le moyen irlandais
all (écueil, rocher), le vieil irlandais
ail (rocher, de *
pali-) ou le sanscrit
pāsāná (pierre, rocher). On peut également citer les noms de lieux celtiques
Alesia (de *
pales-j-) s'ils ne renvoient pas au nom de l'alisier. Le français →
falaise est un emprunt au germanique.
*Felþa- (Champ), substantif neutre, germanique occidental vieil haut allemand :
feld, vieux saxon :
feld, allemand :
feldvieux frison :
feld, néerlandais :
veldvieil anglais :
feld, anglais :
fieldDérivé à partir de la racine indo-européenne *
pelə/
plā- (étendre), elle même issue de *
pel- (pousser, frapper). Il existe dans les différentes langues indo-européennes des termes hérités de sens similaire issus de la même racine : arménien
hoł (terre, sol, pays), vieil irlandais
lathar (lieu, place), vieux slave
polje (champ), etc... Le sens d'origine est donc "étendue".
Le suédois
fält et le danois
felt viennent de l'allemand. En revanche le finnois
pelto est probablement un très ancien emprunt au germanique, avant que ne se produise la première mutation consonantique, si bien qu'on pourrait presque postuler que le terme est davantage germanique commun plutôt que germanique occidental. Voire également
→ *Fuldō- (terre, sol).
*Felu- (Très, beaucoup), adjectif/adverbe, germanique commun gotique :
filuvieil haut allemand :
filu,
filo, vieux saxon :
filu, allemand :
vielvieux frison :
fel(o),
ful, néerlandais :
veelvieil anglais :
fealavieux norrois :
fjǫl (seulement comme élément de composés)
Se compare en dehors du germanique avec le sanscrit
purú-, le grec ancien
polý(s) ou le vieil irlandais
il (avec amuissement classique du [p] en celtique). Voire également
→ *Fulla-.
*Ferdu- (Fjörd, bras de mer), substantif masculin, nord germanique vieux norrois :
fjǫrd, suédois :
fjord, islandais :
fjördurProbablement formation à degré zéro de même origine que
→ *Faran (voyager), morphologiquement parallèle à
→ *Furdu- (gué). La meilleure comparaison en dehors du domaine germanique peut être faite avec le latin
portus (français →
port), si bien que l'on peut supposer que les fjörds ont reçus leur nom du fait qu'il permettait un accès facile en bâteau à l'intérieur des terres. L'allemand
förde et l'anglais
firth sont des emprunts aux langues scandinaves.
*Fetura- (Lien, entrave), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
fezzara, vieux saxon (pluriel) :
feterosvieil anglais :
fetorvieux norrois :
fjǫturrTerme issu de la racine indo-européenne *
pod- (pied).
*Fetura présente un degré vocalique différent de
→ *Fōt- (pied). L'entrave est donc originellement quelque chose que l'on lie au pied, qui gêne la marche. A comparer sémantiquement avec les termes latins
pedica (entrave mise aux pieds des chevaux, français →
empêcher),
compēs (entraves),
impedīre (empêcher), grecs anciens
pédē (entrave pour les pieds),
predáō (je lie) et peut-être avestique
bibda (double lien). Voire également le russe
pétljá (entrave), phonétiquement irrégulier et peut-être emprunté au germanique.
En allemand le terme
fessel, issu de
→ *Fatila-, a repris le sens de "lien, entrave".
*Fifaldrōn (Papillon), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
fīfalt(a)ra,
fīfalter, vieux saxon :
fifaldra, allemand :
faltervieil anglais :
fīff(e)aldevieux norrois :
fífrildi (avec déplacement du [r])
La première partie du composé rappele étrangement le latin
pāpilio (français →
papillon), si bien qu'un lien très ancien n'est pas à exclure. Pour le reste, origine inconnue.
*Finkōn (Pinson), substantif masculin, germanique occidental
*Fenkōn (Pinson), substantif masculin, germanique occidental vieil haut allemand :
finko,
finc, allemand :
finkneerlandais :
vinkvieil anglais :
finc, anglais :
finchsuédois :
fink, islandais :
finkaLe norvégien dialectal
spikke (petit oiseau) est peut-être apparenté avec un [s] mobile à l'initiale. On trouve également une sifflante dans le grec ancien
spingos (pinson). Apparentés d'une manière ou d'une autre sont le gallois
pinc et le latin vulgaire
pincio (français →
pinson, espagnol
pinzón). Possiblement à l'origine une imitation du cri de l'oiseau. Les termes scandinaves sont des emprunts aux langues germaniques occidentales.
*Fiska- (Poisson), substantif masculin, germanique commungotique :
fisksvieil haut allemand :
fisc, vieux saxon :
fisk, allemand :
fischvieux frison :
fiskvieil anglais :
fisc, anglais :
fishvieux norrois :
fiskr, suédois :
fisk, islandais :
fiskurFormes indo-européennes apparentées directement comparables : latin
piscis (français →
poisson) ou vieil irlandais (avec perte d'initiale en [p] typique du groupe celtique)
íask. Il s'agit possiblement d'une formation d'apparentement sur un indo-européen *
peitos- (nourriture) duquel sont issus le vieil indien
pitú- (nourriture), le vieux slave
pišta (nourriture), le vieil irlandais
ith (céréal) ou le lituanien
pietūs (repas du midi). Le germanique et le latin remontent à des formes *
pits-ko/i alors que le vieil irlandais laisse entendre une forme
peits-ko-.
*Flahso- (Lin), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
flahs, vieux saxon :
flas, allemand :
flachsvieux frison :
flax, néerlandais :
vlasvieil anglais :
fleax, anglais :
flaxOn suppose que le terme originel a été influencé par
→ *Flehtan (tresser, natter), même si techniquement cela n'est pas fondé puisque le lin n'est jamais tressé.
*Flahso- est très probablement lié au russe
polotno (lin). On évoque la racine indo-européenne *
pel- (battre, frapper) parce que le lin est battu.
*Flaka- (Plat), adjectif, germanique continentalvieil haut allemand :
flah, allemand :
flachDe même origine sont le vieux saxon
flaca (plante du pied) et le bas allemand
flake (sole). Voire également
→ *Flōki- (poisson plat, filet). Tout comme le grec ancien
pélagos (mer, surface de l'océan) ou le latin
plaga (français →
plage), peut-être issu d'une racine *
peləg-/
plāg-, une extension en [g] sur un indo-européen *
pelə/
plā (étendu, plat).
*Flaskō- (Bouteille, récipient), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
flaska, allemand :
flaschenéerlandais :
fleschvieil anglais :
flasce, anglais :
flaskvieux norrois :
flaska, suédois :
flaska, islandais :
flaskaIl est possible qu'il ait s'agit à l'origine d'un récipient avec de la paille ou de l'herbe tressées autour, comme cela se fait toujours aujourd'hui avec certaines bouteilles en verre. Dans ce cas on suppose un lien avec
→ *Flehtan (tresser, natter). On aurait eu à faire à une forme *
Flaht-ska signifiant "la tressée". Un lien avec
→ *Flaka- (plat) n'est pas non plus impossible. La dernière hypothèse rapproche de la racine indo-européenne *
plē- (remplir, voire
→ *Fulla-) : *
plə-skā. A donné le français →
flacon,
flasque, et l'italien
fiasco.
*Flēdi- (Beauté, propreté), substantif, germanique occidentalvieil haut allemand :
-flāt (uniquement dans des composés), allemand :
unflatvieil anglais :
-flæd,
-flēd (uniquement dans des composés)
Le terme n'a survécu que dans l'allenand
unflat avec le sens de "saleté". Il est attesté en tant que tel uniquement dans le moyen haut allemand
vlāt. Sous forme de composés on le retrouve en vieil haut allemand et en vieil anglais, ainsi que dans des noms de femmes : Meroflède, Audoflède. Origine inconnue.
*Flehtan (Tresser, natter), verbe, germanique commungotique :
flahta (tresse, natte)
vieil haut allemand :
flehtan, vieux saxon :
flehtan, allemand :
flechtennéerlandais :
vlechtenvieux norrois :
flétta, suédois :
fläta, islandais :
fléttaVerbe fort. Formation verbale issue d'une racine européenne *
plek- (tresser, natter) qu'on retrouve dans plusieurs langues, à travers notamment des dérivés en [t] : latin
plectere, *
plex (a donné
simplex et
duplex) et le vieux slave
plěti (sarcler). Sans [t] on peut citer le latin
plicāre (français →
plier,
compliquer,
appliquer,
dupliquer, etc...) ou le grec ancien
plékō. Voire également
→ *Flahso- (lin),
→ *Flaskō- (bouteille).
*Flōki- (Poisson plat, filet), substantif masculin, germanique communvieil anglais :
flōcvieux norrois :
flókiProbablement de même origine (degré long) que
→ *Flaka- (plat), dont un dérivé
flake désigne la sole en bas allemand.
*Fōdra- (Chargement), substantif neutre, germanique continentalvieil haut allemand :
fuodar, vieux saxon :
vōther, allemand :
fuderDe même origine que
→ *Faran. Probablement anciennement *
fōrþra-.
*Fōrejan (Mener, guider), verbe, germanique communvieil haut allemand :
fuoren, vieux saxon :
fōrian, allemand :
führenvieux frison :
fēra, néerlandais :
voerenvieil anglais :
fœran,
feranvieux norrois :
fœra, suédois :
föra, islandais :
færaVerbe faible. Causatif à degré long de même origine que
→ *Faran et correspondant aux sanscrit
pāráyati (mène vers la haut),
píparti (fait traverser).
*Fōrō- (Charretée, convoi), substantif féminin, germanique occidentalvieil haut allemand :
fuora, allemand :
fuhrevieil anglais :
fōrDérivé à degré long de même origine que
→ *Faran.
*Fōt- (Pied), substantif masculin, germanique commungotique :
fotusvieil haut allemand :
fuoz, vieux saxon :
fōt, allemand :
fussneerlandais :
voetvieil anglais :
fōt, anglais :
footvieux norrois :
fótr, suédois :
fot, islandais :
fóturIssu d'une racine indo-européenne *
pod- (pied) dont proviennent également le sanscrit
pāt, le grec ancien (dorien)
pōs, le latin
pēs (français →
pied), le tokharien A
pe, le tokharien B
paiyye, etc... De même orgine
→ *Fetura- (lien, entrave).
*Frauja- (Seigneur, maître, nom de divinité), substantif masculin et nom propre, germanique commun*Frawjōn (Seigneur, maître, nom de divinité), substantif masculin et nom propre, germanique commun*Frawja- (Seigneur, maître, nom de divinité), substantif masculin et nom propre, germanique commungotique :
fraujavieil haut allemand :
frō, vieux saxon :
frāho,
frōho,
frōiovieil anglais :
frēavieux norrois :
freyrVraisemblablement issu d'une racine indo-européenne *
per- (devant, avant) avec extension en
wo-, soit *
pǝrwo- avec le sens probablement de "premier, celui qui vient en premier". Se compare avec le sanscrit
pūrva- (antérieur) et le vieux slave
prĭvŭ (premier).
Freyr est le nom d'une divinité de la mythologie nordique (Frō dans le domaine linguistique haut allemand). A l'origine, vraisemblablement seulement un épithète de la divinité Ing (voire
→ *Ingwa-).
Voire la forme féminine
→ *Fraujōn,
*Frawjōn (maîtresse, nom de divinité).
*Fraujōn (Maîtresse, nom de divinité), substantif féminin et nom propre, germanique continental*Frawjōn (Maîtresse, nom de divinité), substantif féminin et nom propre, germanique nordiquevieil haut allemand :
frouwa, vieux saxon :
frūa, allemand :
fraunéerlandais :
vrouwvieux norrois :
freyjaForme féminine de
→ *Frauja-,
*Frawjōn,
*Frawja- (seigneur, maître, nom de divinité).
Freyja est le nom d'une déesse de la sexualité et de la fertilité dans la mythologie nordique. On la donne pour soeur de Freyr. Le terme "Freyja" n'était probablement à l'origine qu'un épithète pour une divinité dont le nom originel est perdu. Freyja n'est pas attestée en dehors de la Scandinavie. Il y a de nombreuses discussions pour savoir si Freyja et Frigg (voire
→ *Frijjō-) n'était pas à l'origine une seule est même déesse.
*Freka- (Avide), adjectif, germanique commungotique : faihu
friksvieil haut allemand :
freh, allemand :
frechvieil anglais :
frecvieux norrois :
frekr, suédois :
fräckL'origine du terme est incertaine. On propose néanmoins de comparer avec le polonais
pragnąć (réclamer avec avidité), le gallois
rhewydd (désir charnel) ou avec le grec ancien, avec un [s] mobile,
spargáō (déborder d'envie, désirer follement). Racine indo-européenne *
preg- ?
Le nom du loup
Freki, compagnon d'Odin, signifie l'"avide". A l'origine du vieil anglais
freca (homme ambitieux, guerrier) qui a donné l'anglais moderne
freak.
Voire
→ *Frōkna- (téméraire, hardi).
*Frija- (Libre), adjectif, germanique commungotique :
freisvieil haut allemand :
frī, allemand :
freinéerlandais :
vrijvieil anglais :
frēo, anglais :
freesuédois :
friLe terme
*Frija- n'est attesté anciennement dans le domaine scandinave que sous la forme du composé
frjáls, avec
→ *Halsa- (cou). Le sens est "celui dont le cou est libre, sans chaîne". On retrouve le même composé en gotique
freihals, en vieil haut allemand
frīhals ou en vieil anglais
frēols, si bien que l'on peut reconstruire un proto-germanique
*Frīhalsa-.
Se compare directement avec le gallois
rhydd (libre). Les branches celtique et germanique semblent être les seules où la racine indo-européenne *
prijo-, à l'origine "le sien, propre", a pris le sens de "libre". Voire le latin
proprius (français →
propre,
propriété) ou le sanscrit
priyá (propre, cher). De même origine :
→ *Friþu- (Paix, état de non-guerre),
→ Frijōnd (ami, parent),
→ Frijōn (aimer, traiter avec égard) et
→ *Frijjō- (Frigg, nom de divinité).
*Frijjō- (Frigg, nom de divinité), nom propre, germanique communvieil haut allemand :
Frīja, vieux saxon :
Frike,
Freke, lombard
Freavieil anglais :
Frīgvieux norrois :
FriggLe sens de ce théonyme est "bien aimée". On retrouve le terme
frīg en tant que nom commun en vieil anglais avec le sens poétique d'"amour, affection". Term issu d'une racine indo-européenne *
prih-y(a)h que l'on retrouve dans le sanscrit
prīyā́- qui signifie "femme, aimée, désirée". Voire
→ *Fraujōn,
*Frawjōn (maîtresse), dont est issu le nom de la déesse Freyja. Il y a un débat pour savoir si originellement Freyja = Frigg.
De même origine :
→ *Frija- (libre),
→ *Friþu- (Paix, état de non-guerre),
→ Frijōnd (ami, parent) et
→ Frijōn (aimer, traiter avec égard).
*Frijōn (Aimer, traiter avec égard), verbe faible, germanique commungotique :
frijonallemand :
freiennéerlandais :
vrijenvieil anglais :
frēoganvieux norrois :
frjáD'une racine indo-européenne *
*prāi-, *
prəi-, *
prī- (aimer, désirer). De même origine que
→ *Frija- (libre),
→ *Friþu- (Paix, état de non-guerre),
→ Frijōnd (ami, parent) et
→ *Frijjō- (Frigg, nom de divinité).
*Frijōnd (Ami, parent), substantif masculin, germanique commungotique :
frijondsvieil haut allemand :
friunt, vieux saxon :
friund, allemand :
freundvieux frison :
friōnd, néerlandais :
vriendvieil anglais :
freōnd, anglais :
friendvieux norrois :
frændi, suédois :
frände, islandais :
frændiParticipe sur le verbe
→ Frijōn (aimer, traiter avec égard). Le vieux norrois
frændi ne présente pas une forme régulière et signifie uniquement "parent".
*Friþu- (Paix, état de non-guerre), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
fridu, vieux saxon :
friđu, allemand :
friedevieux frison :
fretho, néerlandais :
vredevieil anglais :
friþvieux norrois :
friđr, suédois :
fred, islandais :
friđurEn gotique le terme est uniquement attesté dans la formation verbale
gafriđon (réconcilier) et dans l'anthroponymie. Dérivé en
tu- sur la racine également à l'origine de
→ *Frija- (libre),
→ *Frijjō- (Frigg, nom de divinité),
→ Frijōnd (ami, parent) et
→ Frijōn (aimer, traiter avec égard). Voire ces termes.
*Froda- (Intelligent, vif d'esprit, sage), adjectif, germanique commungotique :
frōþsvieil haut allemand :
fruotvieil anglais :
frōdvieux norrois :
fróđrPeut-être issu d'une racine *
pret-, *
prōt- que l'on retrouve également dans le domaine baltique : lituanien
supràstí (comprendre),
prõtas (raison), letton
pràts (raison, esprit, volonté), vieux prussien
issprestun (comprendre), etc... A servi en anthroponymie. Le nom du roi danois légendaire Fróđi vient de là. Le vieil haut allemand a également connu un substantif
fruotī (raison, intelligence) et un verbe
fruoten (enseigner, rendre savant). En gotique on retrouve les termes
fraþi (raison, intelligence) et
fraþjan (de
*Fraþi- et
*Fraþjan) avec variations morphologiques.
*Frōkna- (Téméraire, hardi), adjectif, germanique communvieux saxon :
frōkni,
frēknivieil anglais :
frǣcnevieux norrois :
frœknEtymologie obscure. Vraisemblablement lié à
*Freka- (avide).
*Fruska- (Grenouille), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
frosc, allemand :
frosch vieil anglais :
frogga, anglais :
frogvieux norrois :
froskr,
fraukiTerme à l'étymologie incertaine qu'on ose néanmoins mettre en rapport avec le russe
prýgat (sauter, bondir), si bien que le sens originel aurait pu être "la sauteuse", "la bondisseuse".
*Fuchsa- (Renard), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
fuhs, vieux saxon :
fohs, allemand :
fuchs neerlandais :
vosvieil anglais :
fox, anglais :
foxLe [s] de
*Fuchsa- est probablement suffixal comme l'indiquent les formes issues de
→ *Fuhōn (gotique
fauho, allemand
fähe, etc...). Tout comme en espagnol (
rapose,
rabo) ou en lituanien (
uodegis,
uodegà), il est vraisemblable que le renard ait tiré son nom dans le domaine germanique d'un de ses appendices les plus caractéristiques : la queue. Certains mots la désignant ou étant proches sémantiquement dans d'autres langues du groupe indo-européen semblent en effet apparentés : sanscrit
púccha- (queue, de *
puk-sko-), vieux russe
puchŭ (garniture à base de fourrure) ou lituanien
paustìs (poil d'animal).
*Fugla- (Oiseau), substantif masculin, germanique commungotique :
fuglsvieil haut allemand :
fogal, vieux saxon :
fugal, allemand :
vogel vieux frison :
fugel, neerlandais :
vogelvieil anglais :
fugol, anglais
fowlvieux norrois :
fugl, suédois :
fågel, islandais :
fuglA comparer directement (avec suffixe différent) au lituanien
paűkštis (oiseau). Il s'agit supposément d'un terme formé sur la racine indo-européenne *
pu- (jeune animal, voire
→ *Fulōn) qui apparaît notamment dans des mots pour "oiseau" ou "poussin" : russe
ptíca (oiseau), latin
pullus (français →
poule,
poulin).
*Fuhōn (Renarde, femelle de canidé), substantif féminin, germanique commungotique :
fauhovieil haut allemand :
foha allemand :
fähe,
föhe,
fohevieux norrois :
fóaFormation féminine sur la même racine que
→ *Fuchsa-.
*Fuldō- (Terre, sol), substantif féminin, germanique communvieux saxon :
foldavieil anglais :
foldevieux norrois :
foldFormation de même origine que
→ *Felþa-.
*Fulka- (Peuple), substantif neutre, germanique communvieil haut allemand :
folc, vieux saxon :
folk, allemand :
volkvieux frison :
folk, néerlandais :
volkvieil anglais :
folc, anglais :
folkvieux norrois :
folk, suédois :
folk, islandais :
fólkOrigine incertaine, on suppose un lien avec
→ *Fulla-. On propose également de rapprocher avec le latin
populus (français →
peuple) ou le grec ancien
plethos (français →
pléthore). Si ces termes étaient de même origine, on aurait alors à faire avec
*Fulka- à un dérivé en [k] sur une même racine. Le français →
folklore est un emprunt du XIXème siècle à l'anglais.
*Fulla- (Plein), adjectif, germanique commungotique :
fullsvieil haut allemand :
fol, vieux saxon :
ful(l), allemand :
vollvieux frison :
ful(l), néerlandais :
volvieil anglais :
full, anglais :
fullvieux norrois :
fullr, suédois :
full, islandais :
fullurD'une racine indo-européenne *
pləno- (plein, rempli) que l'on retrouve dans le lituanien
pìlnas, le vieux slave
plĭnŭ, le vieil irlandais
lán, le gallois
llawn (avec perte du [p] typique du celtique), le latin
plēnus (français →
plein) ou le sanscrit
pūrná-. *
pleno- est elle-même issue de *
pelə-/plē- (remplir) que l'on retrouve dans le sanscrit
prnāti, le grec ancien
pímplēmi, le latin
-plēre ou le vieil irlandais
línad. Voire
→ *Felu-,
→ *Fullīn-,
→ *Fullijan.
*Fullijan (Remplir), verbe, germanique commungotique :
fulljanvieil haut allemand :
fullen, vieux saxon :
fullian, allemand :
füllenvieux frison :
fella, néerlandais :
vullenvieil anglais :
fyllan, anglais :
fillvieux norrois :
fylla, suédois :
fylla, islandais :
fyllaVerbe faible. Factitif sur
→ *Fulla-.
*Fullīn- (Abondance, profusion), substantif féminin, germanique commungotique :
(ufar)fulleivieil haut allemand :
fullī,
follī, allemand :
füllevieil anglais :
fyllvieux norrois :
fylli, suédois :
fylla, islandais :
fyllaSubstantif sur
→ *Fulla-. Correspond probablement au nom des divinités Phol et Volla dans la formule magique n°2 de Mersebourg.
*Fulōn (Poulin), substantif masculin, germanique commungotique :
fulavieil haut allemand :
folo, vieux saxon :
folo, allemand :
fohlen vieil anglais :
fola, anglais :
foalvieux norrois :
foli, suédois :
fåle, islandais :
folaldIl existe deux théories quant à l'origine du terme. La première propose de le rapprocher du grec ancien
põlos (jeune cheval, poulin) et d'envisager une racine indo-européenne à degré zéro (*
pl-ōn) pour le germanique et à degré long (*
pōlo-) pour le grec ancien. La deuxième fait appel à la racine indo-européenne *
pu-, *
pu-l- (voire
→ *Fugla-, latins
pullus et peut-être
puer, → français
poule,
poulin, et
puéril). Dans ce cas de figure, grec ancien et germanique ne peuvent plus être mis en rapport. L'allemand moderne
fohlen semble avoir subi une influence scandinave. Une forme **
füllen serait attendue.
*Furdu- (Gué), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
furt, vieux saxon :
vord, allemand :
furtvieux frison :
forda, néerlandais :
voordevieil anglais :
ford, anglais :
fordD'une racine indo-européenne *
prtu- (passage, gué) que l'on retrouve dans l'avestique
pərətauu- (gué, pont), dans le latin
portus (français →
port,
porte), le gallois
rhyd (gué) ou dans le nom du fleuve Euphrate (de
Hupərətuua- : aux bons gués). Originellement *
prtu- est une extention avec degré zéro sur *
per-, voire
→ *Faran (voyager) et
→ *Ferdu- (fjörd, bras de mer). Les termes hérités de
*Furdu- ont laissé des traces dans la toponymie : Steenvoorde/Steinfurt, Hereford/Herford, Frankfurt, Bradford, Vilvoorde, etc...
*Furhnō- (Truite), substantif féminin, germanique occidentalvieil haut allemand :
for(a)hana, vieux saxon :
furnia, allemand :
forelle vieil anglais :
forn(e)Terme issu vraisemblablement de la racine indo-européenne *
prk-n- (tacheté, moucheté), que l'on retrouve également dans le sanscrit
prśni- (tacheté). On peut aussi comparer avec les termes grecs anciens
perknós (tacheté) et
pérkē (français →
perche par l'intermédiaire du latin
perca), ainsi que le moyen irlandais
erc (tacheté et comme substantif saumon).
*Furhō- (Pin), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
for(a)ha, vieux saxon :
furia, allemand :
föhre vieil anglais :
furh, anglais :
firvieux norrois :
fura,
fúra, suédois :
fura, islandais :
fura L'unique comparaison possible peut se faire avec l'italien dialectal (trentin)
porca (pin). On a parfois rapproché du vieux mot indo-européen pour chêne (*
perkwu-, latin
quercus), mais cela pose problème en raison du vocalisme divergeant et de la différence des sens.