*Badu- (Combat), substantif masculin, germanique commungotique :
badu (uniquement dans les noms propres)
vieil anglais :
beaduRappelle des mots d'origine celtique ou le latin
battere (français →
battre,
bataille) que l'on soupçonne d'être un emprunt ancien au gaulois. Bien qu'utilisé en anthroponymie, le mot a disparu du vocabulaire des langues germaniques contemporaines. On évoque une racine indo-européenne *
bhāt-, *
bhet- (battre, frapper). Celle-ci est probablement à mettre en rapport avec *
bhau- (battre, frapper), voire
→ *Bautan- (frapper, battre)
*Baiza- (Sanglier), substantif masculin, germanique occidentalvieux saxon :
bēr(swin), allemand :
bärneerlandais :
beervieil anglais :
bār, anglais :
boarIl s'agit du mot désignant originellement le sanglier sauvage. On le rapproche d'une racine *
bhoids-o- (effrayant, terrifiant), présente dans le lituanien
baĩsas (fantôme, apparition terrifiante), et elle-même dérivée d'un indo-européen *
bhoidos (frayeur), à l'origine du lituanien
baisà (frayeur) ou du latin
foedus (laid). Sens originel : probablement "l'effrayant", "le terrifiant".
*Baki- (Ruisseau, rivière), substantif masculin, germanique occidental
*Bakja- (Ruisseau, rivière), substantif masculin, nord germanique vieux haut allemand :
bah, vieux saxon :
beki, allemand :
bachneerlandais :
beekvieil anglais :
becevieux norrois :
bekkr, suédois :
bäck Terme purement germanique. Origine inconnue.
*Balþa- (Courageux, brave), adjectif, germanique commun
gotique :
balþsvieux haut allemand :
bald,
baldo, vieux saxon :
bald, allemand :
baldneerlandais :
boudvieil anglais :
beald, anglais :
boldvieux norrois :
ballr, suédois :
båld, islandais :
ballur Origine inconnue. On compare parfois avec le vieil irlandais
balc (fort, puissant) et avec le gallois
balch (courageux). Néanmoins les suffixes ou dérivations posent problème. L'allemand
bald a pris le sens "bientôt, rapidement" dans le cadre d'un déplacement sémantique du type : courageux, intrépide -> pressé -> imminent. Le terme a connu une utilisation fréquente en anthroponymie.
*Barsa- (Perche, sorte de poisson), substantif masculin, germanique occidental
*Barsiha- (Perche, sorte de poisson), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
bars,
bersih, vieux saxon :
bars, allemand :
barschneerlandais :
baarsvieil anglais :
bærs, anglais :
bass(e)D'une racine *
bhres,
bhares (pointe, pique) que l'on retrouve dans d'autres mots germaniques (voire
→ *Barda-,
→ *Burst-). Dans le sens de "perche", voire
→ *Agiburzōn.
*Baruga- (Verrat castré), substantif masculin, germanique commun vieil haut allemand :
barug, vieux saxon :
bar(u)g, allemand :
barg,
barchvieil anglais :
bearg,
-borg, anglais (dialectal) :
barrowvieux norrois :
borgr Comparable à des mots slaves tels que le russe
bórov (même sens). Ce dernier terme renvoie à une racine *
bhoru-o-, tandis que le germanique est issu d'une racine *
bhoru-ko-. Origine inconnue.
*Bauma- (Arbre, tronc, poutre), substantif masculin, germanique occidental
*Bagma- (Arbre, tronc, poutre), substantif masculin, germanique commun
*Bazma- (Arbre, tronc, poutre), substantif masculin, nord germanique gotique :
bagmsvieil haut allemand :
boum, vieux saxon :
bōm, allemand :
baumvieux frison :
bām, neerlandais :
boomvieil anglais :
bēam, anglais :
beamvieux norrois :
bađmr, vieux suédois :
baknIl est difficile de déterminer si les trois termes présentés ici remontent à une unique forme originelle. Si c'est le cas, il faudrait alors envisager une racine germanique *
bawma- avec remplacement de la semi-voyelle [w] par [g]. Cela permettrait alors de faire un lien avec la racine indo-européenne *
bhew - (croître) (voire
→ *Bōwwan ). Ceci demeure néanmoins particulièrement hypothétique et le terme pourrait très bien être issu d'une substrat européen.
*Bautan (Battre, frapper), verbe, germanique communvieil haut allemand :
bōz(z)an,
bozenvieil anglais :
bēatan, anglais :
beatvieux norrois :
bautaEventuellement issu d'une racine indo-européenne *
bhau-, *
bhu-. Dans ce cas peut-être, sans certitude, apparenté au latin
fūstis (bâton, gourdin, français →
fustiger) et au moyen irlandais
buailid (il frappe). On suppose peut-être un élargissement en [t] de *
bhau-, *
bhu- dans les termes latins
confūtāre ou
refūtāre (français →
réfuter,
refuser,
refus) et dans le germanique oriental
→ *Bauþa- (muet, sourd, stupide).
Un substantif issu de
*Bautan survit encore dans l'allemand
amboß (enclume) avec comme premier élément
→ *Ana , sur ce qui semble être un calque du latin
incus (latin
cūdere : frapper). Le français →
bouter, tout comme →
botte (coup porté à l'épée), sont issus du germanique (par l'intermédiaire de l'italien pour le second). Voire
→ *Badu- (combat) et
→ *Bautōn (botte de lin).
*Bautōn (Botte de lin), substantif masculin, germanique continentalvieil haut allemand :
bōzo,
bōza, allemand :
boßenéerlandais :
bosA donné le français →
botte par l'intermédiaire du moyen néerlandais. Peut-être à mettre en rapport avec
→ *Bautan (frapper, battre).
*Bauþa- (Muet, sourd, stupide), adjectif, est germaniquegotique :
bauþsOrigine discutée. Peut-être dérivé en [t] sur la racine indo-européenne *
bhau-, *
bhu- (frapper, battre). On aurait alors eu un déplacement sémantique semblable à ce qu'on peut retrouver en français : cogné, cinglé, frappé -> sourd, muet, stupide, idiot. Très incertain.
*Bebru- (Castor), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
bibar, vieux saxon :
bibar, allemand :
biberneerlandais :
bevervieil anglais :
beofer, anglais :
beavervieux norrois :
bjórr, suédois :
bäver (emprunté), islandais :
bjór,
bifurDe la racine indo-européenne *
bhebhru- dont on retrouve des dérivés dans tout le domaine indo-européen : avestique
baßra-, vieux slave
bebrŭ,
bobrŭ, lituanien
bebras, latin
fiber ou vieux celtique continental
bebros,
bebrus (français
→ bièvre). On a une correspondance parfaite avec *
bhebhru- dans le sanscrit
babhrú- (marron-rouge) désignant un type d'insecte. Si l'origine commune est avérée, on pourrait supposer qu'en indo-européen le castor tirait son nom de la couleur de sa fourure, à moins qu'il ne faille inverser les choses et voir la couleur comme dénommée d'après le nom de l'animal. Voire
→ *Berōn (ours) et
→ *Brūna- (brun).
*Berga- (Montagne), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
berg, vieux saxon :
berg, allemand :
bergvieux frison :
berch,
birg, neerlandais :
bergvieil anglais :
beorg, anglais :
barrowvieux norrois :
bjarg,
berg, suédois :
berg, islandais :
bjargAttesté en gotique dans le composé
bairgahei. D'une racine indo-européenne *
bhergh- (hauteur) que l'on retrouve dans l'avestique
barəzah- (hauteur, montagne), dans l'arménien
(erkn-a-)berj- (inabordable, inatteignable), vieux slave
brěgŭ (rive, talus) ou dans le moyen irlandais issu d'un degré zéro
bri(g) (colline, montagne). On suppose que *
bhergh- est la substantivation d'une forme verbale de signification "s'élever, grandir" que l'on retrouve dans le hittite
parkija- (s'élever), dans les tokhariens A et B
pärk- (lever, éclore) ou dans l'avestique, causatif,
barəzaiia- (laisser pousser). Des formes adjectivales sont également attestées dans le sens "haut, éminent" : hittite
parku-, avestique
barəz-, arménien
barjr et dans le sanscrit, forme participe passé,
brhánt- (de *
bhrghont-) qui trouve des correspondants parfaits dans le nom du peuple germanique des Burgondes, dans le nom du peuple celtique des Brigantes, dans celui de la ville de Brégence en Autriche et dans celui de la déesse celtique Brigit/Brigitte. Le terme est bien entendu courant dans la toponymie germanique.
*Bergan (dissimuler, mettre en sécurité), verbe, germanique commungotique :
bairganvieil haut allemand :
bergan,
gibergan, vieux saxon :
gibergan, allemand :
bergennéerlandais :
bergenvieil anglais :
beorganvieux norrois :
biarga, suédois :
bärga, islandais :
bjargaD'une racine *
bhergh- que l'on retrouve dans le domaine slavo-baltique : lituanien dialectal
bìrginti (épargner), vieux slave
nebrěšti (délaisser, ne pas prendre en compte) ou russe
beréč (protéger, préserver, épargner). Voire également
→ *Bergō-,
→ *Burgjōn et
→ *Burgōnan.
*Bergō- (protection, abris), substantif féminin, germanique communSubstantif, non attesté directement, de même origine que
→ *Bergan, dont on soupconne l'existence à cause d'un terme tel que
→ *Haribergō- et à cause de la présence de l'élément
-berga en anthroponymie germanique. L'homonymie avec
→ *Berga- a dû jouer en faveur d'une disparition précoce du terme.
*Berhta- (Brillant, resplendissant), adjectif, germanique commungotique :
bairhtsvieil haut allemand :
beraht, vieux saxon :
berhtvieil anglais :
bēorht, anglais :
brightvieux norrois :
bjartr, islandais :
björtTerme issu de la racine racine indo-europénne *
bherəģ-, confère le sanscrit
bhrajate- (il brille), le lituanien
breksta (faire jour) ou le gallois
berth (brillant, magnifique). Le terme avait une forte connotation religieuse et fut fortement utilisé en anthroponymie.
*Berōn (Ours), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
pero,
bēr, allemand :
bärneerlandais :
beervieil anglais :
bera, anglais :
bearvieux norrois :
bjorn, suédois :
björn, islandais :
björnIl n'existe pas dans les autres langues indo-européennes de termes apparentés à
→ *Berōn servant à désigner l'ours, il s'agit donc ici d'une spécificité germanique. On associe généralement cet état de fait à un phénomène de tabooisation de l'ancien terme hérité indo-européen, avec remplacement du nom originel de l'animal par un épithète lui correspondant, comme en slave ou en balte, l'ours ayant été associé à une forte symbolique religieuse. Le nouveau terme pourrait renvoyer à un ancien mot pour "brun" (lituanien
béras, germanique
→ *Brūna- ). Dans ce cas, l'ours aurait été désigné par sa couleur, "le brun", voire également
→ *Bebru- (castor). Il n'est également pas impossible qu'on ait à faire à une ancienne racine indo-européen *
ghwer- (animal sauvage) avec passage de *
ghw- à *
b- et apparentée au latin
ferus (sauvage, → français
féroce).
*Bihōfa- (But), substantif masculin ou neutre, germanique occidentalallemand :
behufvieux frison :
behōf, neerlandais :
behoefvieil anglais :
behōf, anglais :
behoofParticipe passé d'un verbe fort
*Bihafjan, composé avec le préfixe
→ *Bi- et la racine verbale
→ *Hafjan (soulever, lever).
*Bi(j)ōn (Abeille), substantif neutre, germanique commun
*Bini- (Abeille), substantif neutre, germanique continentalvieil haut allemand :
bīa,
bīna,
bini, vieux saxon :
bina,
bīa, allemand :
bieneneerlandais :
bijvieil anglais :
bēo, anglais :
beevieux norrois :
bý, suédois :
bi, islandais :
bý(fluga)De la racine européenne *
bhi- (abeille), également dans le vieux slave
bĭčela (de *
bhikelā), le lituanien
bìtė et, avec vocalisme en [e], le vieil irlandais
bech (de *
bhekos).
*Birkō- (Bouleau), substantif féminin, germanique commun
*Birkjō- (Bouleau), substantif féminin, germanique communvieil haut allemand :
birka, vieux saxon :
birka, allemand :
birkeneerlandais :
berkvieil anglais :
beorc, anglais :
birchvieux norrois :
bjork, suédois :
björk, islandais :
birkiTermes issus d'une racine indo-europénne *
bherəģo- (avec modification morphologique) que l'on retrouve dans le sanscrit
bhūrjá-, le russe
berëza, le lituanien
béržas et peut-être, mais cela demeure très incertain, dans le latin
fraxinus (français →
frêne). On a pensé à rapprocher d'une racine indo-europénne *
bherəģ- (briller, voire
→ *Berhta-), en raison de la couleur claire caractéristique de l'écorce du bouleau, mais cela demeure hypothétique.
*Blada- (Feuille), substantif neutre, germanique commun vieil haut allemand :
blat, vieux saxon :
blad, allemand :
blattvieux frison :
bled, neerlandais :
bladvieil anglais :
blæd, anglais :
blade (lame)
vieux norrois :
blađ, suédois :
blad, islandais :
blađSe laisse comparer à d'autres termes issus d'une racine indo-européenne *
bhel- : tokharien A
pält, grec ancien
phýllon, latin
folium (français →
feuille) ou moyen irlandais
bileóc. En anglais le terme a pris le sens de "lame" par analogie de formes. Il est possible que la racine indo-européenne du terme soit liée à celles à l'origine de
→ *Blǣjan (gonfler, enfler) et
→ *Blōan (cueillir).
*Blaka- (Brûlé), adjectif, germanique commun vieil haut allemand :
blah, allemand :
blaken (emprunt au bas allemand)
neerlandais :
blakenvieil anglais :
blæc, anglais :
blackvieux norrois :
blakkr, suédois :
bläckLe terme a pris le sens de "noir" en anglais et en vieil haut allemand en raison de la couleur sombre de ce qui est carbonisé. Le suédois
bläck signifie "encre", toujours en raison de la couleur. Les mots hérités de cet adjectif se sont retrouvés en concurrence homonymique avec ceux issus de
→ *Blaika-, probablement issu de la même racine *
bheleg-, *
bhleg- (briller, brûler).
*Blaika- (Jaunâtre, blanchâtre, blafard, pâle), adjectif, germanique commun vieil haut allemand :
bleih, allemand :
bleichneerlandais :
bleekvieil anglais :
blācvieux norrois :
bleikr, suédois :
blek, islandais :
bleikurCet adjectif est également à l'origine du verbe attesté en vieux norrois
blikna (blanchir, pâlir). On compare directement avec le lituanien
blykšti (pâlir). Voire également
→ *Blaka-,
→ *Blaikan,
*Blaikjan,
→ *Blanka-, tous probablement issu d'une même racine *
bheleg-, *
bhleg- (briller, brûler).
*Blaikan (Briller, luire), verbe, germanique occidental
*Blaikjan (Briller, luire), verbe, nord germaniquevieil haut allemand :
blīhhan, vieux saxon :
blīkan, allemand :
bleichenvieux frison :
bleka, neerlandais :
bleken,
blijken (se révéler)
vieil anglais :
blīcan, anglais
bleachvieux norrois :
blíkja, islandais :
blikaDe même origine que
→ *Blaika- et influencé par le sens de celui-ci, notamment en allemand ou
bleichen signifie "blanchir".
*Blanka- (Blanc, brillant), adjectif, germanique commun vieil haut allemand :
blanc, allemand :
blankneerlandais :
blankvieil anglais :
blanca (cheval blanc)
vieux norrois :
blakkr, suédois :
blackCe terme est à l'origine des adjectifs romans : français →
blanc, italien
bianco, espagnol
blanco qui sont, paradoxalement, ses représentants les plus parlants. Il s'agit probablement à l'origine d'un mot employé par les Germains pour désigner une robe du cheval et passé, tout comme
→ *Brūna- (brun),
→ *Grǣwa- (gris) et
→ *Falwa- (fauve), en bas latin. Probablement issu d'une racine *
bheleg-, *
bhleg- (briller, brûler), voire
→ *Blaika-,
→ *Blaka-.
*Blǣjan (Gonfler, enfler), verbe, germanique occidentalvieil haut allemand :
blāen,
blājen, allemand :
blähenvieil anglais :
blāwan, anglais :
blowSe compare au latin
flāre (français →
souffler,
enfler,
gonfler). Issu d'une racine indo-européenne *
bhel- qui pourrait être identique à celles ayant donné
→ *Blada- (feuille) et
→ *Blōan (cueillir). Voire également
→ *Blǣsan (souffler).
*Blǣsan (Souffler), verbe, germanique commungotique :
-blesanvieil haut allemand :
blāsan, allemand :
blasennéerlandais :
blazenvieux norrois :
blása, suédois :
blåsa, islandais :
blásaSe compare au latin (avec rhotacisme)
flāre (français →
souffler,
enfler,
gonfler). Dérivé en [s] sur la racine *
bhel- que l'on retrouve dans
→ *Blǣjan. L'allemand (
blase) et le néerlandais (
blaas) ont formé un substantif sur ce verbe pour désigner la vessie (celle qui gonfle, la gonflée).
*Blǣdrōn (Vessie, cloque), substantif féminin, germanique occidentalvieil haut allemand :
blāt(a)ra, vieux saxon :
blādara, allemand :
blatternéerlandais :
blaarviel anglais :
blǣdreA l'origine formation instrumentale en *
-tro- sur la racine indo-européenne *
bhel- (Voire
→ *Blǣjan). Le sens de départ était donc "moyen, instrument pour gonfler", probablement référence aux vessies de porc dont on se servait pour cela.
*Blōan (Fleurir), verbe, germanique occidental
*Blōjan (Fleurir), verbe, germanique occidental
vieil haut allemand :
bluoen, vieux saxon :
blōian, allemand :
blühennéerlandais :
bloeienvieil anglais :
blōwan, anglais :
blowD'une racine européenne *
bhō- (fleurir) que l'on retrouve dan le latin
flōs (français →
fleur) et le moyen irlandais
bláth. Voire
→ *Blōdi-.
*Blōdi- (Fleur), substantif féminin, germanique occidentalvieil haut allemand :
bluot, allemand :
blütevieil anglais :
blǣd Il s'agit d'un dérivé en
ti- sur le verbe
→ *Blōan (fleurir).
*Blōmōn (Fleur), substantif masculin, germanique occidentalgotique :
blōmavieil haut allemand :
bluoma,
bluomo, vieux saxon :
blōmō, allemand :
blumevieux frison :
blām, néerlandais :
bloemanglais :
bloom (repris au vieux norrois)
vieux norrois :
blóm,
blómi, suédois :
blom(ma), islandais :
blóm Il s'agit, tout comme dans le cas de
→ *Blōdi-, d'un dérivé sur le verbe
→ *Blōan (fleurir). Il a existé un troisième type de formation, cette fois-ci en [st], que l'on retrouve dans le vieil anglais
blōstm(a), l'anglais
blossom ou l'allemand désué
blust. Il n'est pas impossible qu'il faille rapprocher ce type de formations en [st] de la formation en [s] du latin
flōs (français →
fleur).
*Bōkō- (Hêtre), substantif féminin, germanique commun
*Bōkjō- (Hêtre), substantif féminin, germanique insulairevieil haut allemand :
buohha, vieux saxon :
bōka, allemand :
bucheneerlandais :
beukeboomvieil anglais :
bōc,
bēce, anglais :
beechvieux norrois :
bók, suédois :
bokD'une racine européenne *
bhāgā- que l'on retouve dans le latin
fagus (français dialectal →
fau,
fayard), dans le grec ancien
phēgós (chêne) et le celtique *
bāgos.
*Branda- (Incendie, brasier), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
brant, vieux saxon :
brand, allemand :
brandvieux frison :
brand,
brond, neerlandais :
brand,
branden (brûler)
vieil anglais :
brond, anglais :
brandvieux norrois :
brandr, suédois :
brandFormation instrumentale en
to- sur
→ *Brennan (brûler). A servi poétiquement à désigner l'épée, peut-être parce que celle-ci fut comparée à une flamme ardente (penser à flamberge). A donner les mots français →
brandon et →
brandir (brandir un tison), ainsi que l'ancien français
brant (épée).
*Brannejan (Allumer), verbe, germanique commungotique :
gabrannjanvieil haut allemand :
brennen, vieux saxon :
gibrennian, allemand :
brennenvieux frison :
barna,
bernavieil anglais :
bærnan, anglais :
burnvieux norrois :
brenna, suédois :
brännaVerbe faible, causatif sur
→ *Brennan. A remplacé et récupéré les fonctions de ce dernier en allemand. L'anglais
burn est issu d'un mélange entre
bærnan et
beornan (issus de
→ *Brennan) avec influence du vieux norrois.
*Bremōn (Taon, mouche qui pique), substantif masculin, germanique continentalvieil haut allemand :
brema,
brimissa, vieux saxon :
bremo, allemand :
breme,
bremseProbablement d'une racine indo-européenne *
bhrem- que l'on retrouve dans le latin
fremere (gronder, français →
frémir). On en rapproche le sanscrit
bhramará (abeille) ou le bulgare
brЪmbar (frelon et d'autres insectes).
*Brennan (Brûler, être en feu), verbe, germanique commun gotique :
brinnanvieil haut allemand :
brinnan, vieux saxon :
brinnanvieux frison :
burnavieil anglais :
beornan, anglais :
burnvieux norrois :
brinna, suédois :
brinnaVerbe fort, a donné le causatif
→ *Brannejan (allumer) dont le terme hérité en allemand a remplacé celui issu de
*Brennan (vieil haut allemand
brinnan) et récupéré ses fonctions. L'anglais
burn est issu d'un mélange entre
bærnan et
beornan avec un influence du scandinave. A également donné le substantif
→ *Branda-.
Origine indo-européenne douteuse.
*Brūdi- (Mariée, jeune fille le jour de son mariage), substantif féminin, germanique commun gotique:
brūþsvieil haut allemand :
brūt, vieux saxon :
brūd, allemand :
brautvieux frison :
breid, néerlandais :
bruidvieil anglais :
brȳd, anglais :
bridevieux norrois :
brúđr, suédois :
brud, islandais :
brúđurOn suppose une forme indo-européenne *
mr-ū-t(i)- en partant du sens de "vierge" (celle qui va sacrifier sa virginité en ce jour). On peut à partir de *
mr- évoquer le latin
marītus (français →
marié) et le lituanien
martì (mariée, épouse). Premier élément des composés
→ *Brūdigumōn (marié, époux) et
→ *Brūdihlaupa- (mariage).
A donné le français →
bru.
*Brūdigumōn (Marié, époux), substantif masculin, germanique commun vieil haut allemand :
brūtigomo, vieux saxon :
brūdigomo, allemand :
bräutigamnéerlandais :
bruidegomvieil anglais :
brȳdguma, anglais :
bridegroomvieux norrois :
brúđgumi, suédois :
brudgum, islandais :
brúđgumiComposé avec
→ *Brūdi- (mariée, épouse) et
→ *Gumōn (homme, être humain). Le [r] dans l'anglais moderne
bridegroom est apparu en moyenne anglais. Il s'agit d'une contamination par le terme
grom,
grome (jeune homme) à l'origine incertaine (également en vieux norrois
grómr,
gromr, en moyen néerlandais
grom et en vieux français
gromme).
Le gotique présente avec la même signification le composé
bruþfaþs, avec comme deuxième élément
→ *Faþi- (seigneur, mari).
*Brūdihlaupa- (Mariage), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
brūthlouft, vieux saxon :
brūdlōht, allemand :
brautlaufvieil anglais :
brȳdhlōpvieux norrois :
brúđhlaup,
brúđlaup,
brullaupComposé avec
→ *Brūdi- (mariée, épouse) et
→ *Hlaufan (courir). Le vieil anglais pourrait être un emprunt au vieux norrois.
*Brūdihlaupa-, littéralement "la course de la mariée", désignait originellement le fait de ramener la jeune épouse dans sa nouvelle maison.
*Brunjōn (Broigne, plastron), substantif féminin, germanique commun gotique :
brunjovieil haut allemand :
brunnī,
brunna, vieux saxon :
brunnia, allemand :
brünnevieil anglais :
byrnevieux norrois :
brynjaProbablement issu à l'origine d'un terme désignant la poitrine. Comme les mots germaniques se référant à cette partie du corps remontent à une racine *
bhreus- (voire
→ *Brusti-) et qu'un terme
bruinne (poitrine) est attesté en vieil irlandais, on a supposé que
*Brunjōn pouvait être un emprunt ancien à une langue celtique. Cette hypothèse est tout à fait plausible, mais se heurte néanmoins à deux difficultés. Premièrement la géminée du celtique n'aurait pas dû être simplifié en passant en germanique. Deuxièmement, le sens de "plastron, broigne" n'est pas attesté dans le domaine linguistique celtique, il semble alors douteux que les Germains aient emprunté un mot signifiant simplement "poitrine" alors qu'un terme existait déjà chez eux pour désigner cette partie du corps. Au final, peut-être un emprunt à un troisième groupe linguistique indo-européen aujourd'hui disparu. Le français →
broigne remonte au germanique.
*Bukka- (Bouc), substantif masculin, germanique communvieil haut allemand :
boc, allemand :
bockneerlandais :
bokvieil anglais :
bucca,
bucc (brocard), anglais :
buckvieux norrois :
bukkr,
bokkr, suédois :
bock Directement superposable à des termes celtiques (vieil irlandais
boc(c), gallois
bwc(h)), un emprunt dans un sens ou un autre est donc tout à fait possible. Sans géminée, mais avec vocalisme long, on peut également citer l'avestique
būza- (bouc) et l'arménien
bowc (agneau). L'italien
becco (bouc) a parfois été évoqué pour avancer la possibilité d'un emprunt à l'étrusque, les mots orientaux seraient alors des emprunts à des langues caucasiennes. La proposition vient de Brøndal et demeure très hypothétique. Le français
bouc est généralement considéré comme issu du gaulois.
*Bulluka- (Jeune taureau), substantif masculin, germanique insulairevieil anglais :
bulluc, anglais :
bullockDérivé en [k] sur
→ *Bulōn. L'anglais
bullock désigne aujourd'hui exclusivement un jeune taureau castré élevé pour sa viande.
*Bulōn (Taureau), substantif masculin, germanique commun
*Buln- (Taureau), substantif masculin, germanique communallemand :
bulleneerlandais :
bulanglais :
bullvieux norrois :
boli, islandais :
boli Termes selon toutes vraisemblances issus d'une racine *
bhlə- que l'on retrouve dans le grec ancien
phallós (phallus), le vieil irlandais
ball (membre, membre viril) et en germanique avec alternance vocalique : vieil anglais
beallucas (testicules), hessois (dialecte de la Hesse en Allemagne)
bille (penis). L'animal tire donc vraisemblablement son appelation première de sa virilité. Le terme allemand
bulle est repris aux dialectes du nord de l'Allemagne. Voire également
→ *Bulluka-.
*Burgjōn (Garant), substantif masculin, germanique occidentalvieil haut allemand :
burgo, vieux saxon :
burgio, allemand :
bürgevieux frison :
borgavieil anglais :
byrgeaLe sens originel fut "protecteur" avant de se spécialiser dans un sens juridique. Un verbe a été formé en vieil haut allemand sur le substantif :
burgōn (cautionner, garantir). De même origine que
→ *Bergan et
→ *Burgōnan.
*Burgōnan (épargner, faire confiance, céder), verbe, germanique occidentalvieil haut allemand :
borgēn, allemand :
borgenneerlandais :
borgenvieil anglais :
borgian, anglais :
borrowLe sens premier a été "épargner, céder" avant de glisser vers "prêter". Un substantif a également existé : vieil anglais
borg (garantie, caution), néerlandais
borg (caution) ou allemand
borg (crédit). De même origine que
→ *Bergan et
→ *Burgjōn.