WIG (Combat)
Substantif désignant le combat. Si le mot est aujourd'hui
disparu du vocabulaire des langues germaniques, on peut le retrouver en
tant que survivance archaïque dans certaines chansons de geste
du type
Chanson des Nibelungen. L'allemand moderne
Weigand
(combattant) est une survivance du thème basé sur
une construction participale d'un ancien verbe fort (cf. ancien anglais
Wīgend), lui aussi disparu. La racine est le
germanique *
weiga (vieux norrois
vígr
, vieil anglais
wīg, etc...). D'un point de vue
indo-européen, les mots
vaincre et
victoire
en français, ainsi que le vieil irlandais
fichid
(combat), le grec
ouk epíeikton
(invincible) et probablement les lituaniens
veĩkti
(faire, exécuter) et
nuveĩkti (vaincre)
lui sont apparentés.
WAL (Celte, Romain)
WALD (Chef)
Il s'agit d'un substantif basé sur un verbe germanique *
waldan
que l'on retrouve encore aujourd'hui en allemand
walten,
en anglais
wield, en suédois
vålla
ou en islandais
valda. Plus anciennement on le
retrouve en gotique
waldan, vieux norrois
valda,
vieil haut allemand
waltan ou vieil anglais
wealdan.
Tout ceci est à rattacher à une racine *
wal-
(être fort, régner) que l'on retrouve dans le
lituanien
veldéti (posséder,
gouverner) ou le vieux slavon
vlasti
(régner). Un emprunt de ces langues aux Germains n'est
néanmoins pas exclu. Il est d'ailleurs fort possible que
l'utilisation que la racine
vlad
(régner) présentes dans les noms slaves
(Vladimir, Vladislav) soit également un emprunt
(Valdimir/Waldemar). Le latin
valēre est
également plus ou moins lié.
WAND
WARIN (Protection, défense)
La racine est le verbe germanique *
warijan
(défendre) attesté par le vieil haut allemand
werien,
le gotique
warjan, le vieux norrois
verja
ou le vieil anglais
werian. On le retrouve
aujourd'hui dans le néerlandais
weren,
l'allemand
wehren ou l'islandais
verja.
Il est issu d'une racine indo-européenne
wer-
(couvrir), dont des extensions
u ont
donné d'autres mots de signification proche dans plusieurs
langues : vieil indien
varūtár
(protecteur), vieil indien
vrnóti
(défendu, protégé) ou le grec
érymai
(j'éloigne, je protège, je sauve).
WARD (Protecteur)
Il s'agit du substantif germanique *
warda-/wardaz
passé en français
garde. On
le retrouve en gotique
wards, en vieil haut
allemand
wart et en vieil anglais
weard.
On le retrouve aujourd'hui en allemand
wart ou en
anglais
ward. Il s'agit d'un substantif
formé sur le verbe germanique
wardan
(français
garder ou
regarder),
lui-même un dérivé avec dentale de
même origine que *
warijan (voire WARIN).
WEIB (Femme)
Du germanique *
weiba-/weibaz, attesté en
vieil haut allemand
wīb, en vieux norrois
(archaïque et poétique)
víf
et en vieil anglais
wīf. Le mot semble avoir
exclusivement désigné la femme ayant
déjà connu un homme, au contraire de la jeune
fille.
WID (Bois)
L'anglais actuel
wood (bois), mais aussi le danois
et le suédois
ved (arbre, bois) nous
donne le sens de cette racine. Ils sont issus d'un germanique *
widu.
La seule autre attestation indo-européenne certaine nous est
offert par les langues celtiques, desquelles on reconstruit un
étymon *
uido (arbre, bois). En
témoigne le nom de la tribu gauloise des Viducasses, le
gallois
gwŷdd (arbres) ou le breton
gwez
(arbres).
WIH/WIG (Saint)
Il s'agit d'un adjectif *
weiha- issu du verbe *
weihijan.
On retrouve celui-ci dans l'allemand moderne
weihen,
le néerlandais
wijden, le
suédois
viga ou l'islandais
vígja.
La forme allemande moderne est proche de l'étymon originel
car réintroduite à travers une influence gotique
en Allemagne du sud, alors qu'ailleurs le mot avait
développé d'autres formes. Historiquement on le
retrouve en vieil haut allemand
wīhen, vieux
norrois
vígja ou vieux frison
wī(g)a.
L'adjectif se retrouve en gotique
weihs ou en vieil
haut allemand
wīh
et désignait ce qui est "saint" par opposition à
ce qui
est "profane". La racine se retrouve dans le vieux norrois
vé
(temple, comme dans Odense = Odinsvé = temple d'Odin), le
vieil anglais
wēoh/wīg (représentation
divine) ou le vieil haut allemand
wīh (temple).
D'un point de vue indo-européen on rapproche le latin
victima.
Devenu par la suite
wig
dans Hedwig (Haduwih) ou
Heilwig.
WILI (Volonté)
La signification de ce terme est assez transparente au regard des
termes actuels anglais
will, suédois
vilja
ou allemand
wille ayant tous le sens de
"volonté". L'étymon est la racine germanique *
weljōn
(gotique
wilja, vieux norrois
vili).
Il s'agit d'un substantif construit autour d'un verbe faible *
weljan
(vouloir, souhaiter) que l'on retrouve également dans les
différentes langues germaniques. On a à faire ici
à une racine indo-européenne *
wel
ayant également accouché du latin
vŏlo
(vouloir) ou du lituanien
pa-velmi (vouloir).
WIN (Ami)
WIS (Savant, sage)
On a à faire ici le germanique
weisa-
(savant, intelligent, sage) que l'on retrouve en gotique
weis,
en vieux norrois
víss, en vieil haut
allemand
wīs(i) ou vieil anglais
wis.
Il s'agit d'une évolution de la racine
indo-européenne *
weidos (savoir,
connaissance).
WULF (Loup)
Il s'agit du germanique *
wulfa-/wulfaz, vieil haut
allemand
wolf, gotique
wulfs,
vieux norrois
úlfr ou vieil anglais
wulf.
Il est à rattacher à une racine
indo-européenne *
wlkwo (loup) dont le
vieil indien
vrka-, le grec
lýkos,
le latin
lupus ou le lituanien
vilkas
sont issus.