Peuples et linguistique germaniques antiques

Peuples et linguistique germaniques antiques

Pline l'ancien dans l'Histoire naturelle décrit les Suèves comme membre du groupe plus important des Herminones.

 

Bures (latin : Buri)

Ils sont parfois mis en rapport avec la culture de Púchov même si celle-ci est avant toute chose associée aux Cotini (dernier peuple celte libre d'Europe centrale) et aux Osi (Illyriens).

Ils sont mentionnés par Tacite comme habitant le pays derrière les Marcomans et les Quades, non loin des Marsigni, des Cotini et des Osi. D'après cet auteur ils ont la langue et les coutumes des Suèves.

Ptolémée place les Bures à côté des Lugues à l'ouest de la source de la Vistule et d'après Dion Cassius ils furent alliés des Daces dans leurs combats contre Trajan. Ils prirent part aux guerres marcomanniques. Sous l'empereur Commode une expédition punitive contre eux fut organisée. Ils sont enfin mentionnés sur la Table de Peutinger comme établis entre Quades et Sarmates.

Aujourd'hui la recherche tend à placer le pays des Bures dans le Sud-Est de la Slovaquie et le Nord de la Hongrie. Une des raisons est qu'une expédition romaine aurait eu du mal à parvenir jusqu'aux Hautes Tatras voire au delà. Les autres ont à voir avec les rapports qu'ils entretenaient à la fois avec les autres Suèves et les Daces et en raison de l'accès qu'ils avaient au Limes. De nombreux sites archéologiques en rapport avec les Germains ont été fouillés dans cette région.

 

Hermondures (latin : Iuthungi)

Mentionnés par Pline l'ancien comme membres des Herminones en compagnie des Suèves, des Chérusques et des Chattes.

Ils participèrent aux événements entourant la chute du royaume de Marbod en faisant subir à son rival, le Gothon Catualda, une défaite qui l'obligea à prendre la fuite au sein de l'Empire Romain (Tacite les Annales).

 

Juthunges (latin : Hermonduri)

Leur nom signifie "les descendants" : germanique *euþa- (rejeton, descendant, héritier) et suffixe *-ingō, *-ungō.

 

Lombards (latin : Langobardi)

Tacite nous apprend dans les Annales qu'ils vinrent en aide à Italicus, roi des Chérusques, en 47 ap. JC., lorsqu'un parti adverse de sa nation tenta de lui prendre son trône.

 

Marcomans (latin : Marcomanni)

Tacite dans les Annales fait également le récit du conflit qui opposa Arminius à Marbod, roi des Marcomans. Ce conflit fut bien plus qu'une guerre entre deux peuples. Il s'agissait d'un combat entre la Germanie libre, ou qui aspirait à l'être, et le partie romain. Pour cela les Chérusques s'allièrent avec les Semnons et les Lombards qui étaient eux-même sous la domination des Marcomans. Les Chérusques furent vainqueurs. Marbod fut ensuite également vaincu par le Gothon [Goth] Catualda, perdit définitivement son royaume et dû trouver refuge au sein de l'empire.

 

Quades (latin : Quadi)

Mentionnés par Tacite. Les commentaires de la Germania les situent au nord de Vienne. Ils gagnent à l'époque des grandes migrations la péninsule ibérique en compagnie de leurs alliés Vandales et Alains. Ils s'y feront alors appeler "Suèves", tout comme les Marcomans en Europe centrale. Une fois parvenue dans la péninsule ibérique, il semble qu'on s'en soit remis au tirage au sort pour décider quelles régions reviendraient aux différents groupes ethniques alliés. Les Quades reçurent la partie occidentale de la province de Galice qui devait constituer le coeur de leur royaume par la suite.

Sur la fin du royaume de Vannius, son combat contre la faction rivale de Vangion et Sion alliés aux Hermondures et aux Lugues:

A la même époque [aux alentours de 50 ap. JC], le roi Vannius, imposé aux Suèves par Drusus César, fut chassé de ses États. Les premières années de son règne avaient été glorieuses et populaires. L’orgueil vint avec le temps, et arma contre lui la haine de ses voisins et les factions domestiques. Les auteurs de sa perte furent Vangion et Sidon, tous deux fils de sa sœur, et Vibillius, roi des Hermondures. Aucune prière ne put décider Claude à interposer ses armes dans cette querelle entre barbares. Il promit à Vannius un asile s’il était chassé ; et il écrivit à P. Atellius Hister, gouverneur de Pannonie, d’occuper la rive du Danube avec sa légion et des auxiliaires choisis dans le pays même, afin de protéger les vaincus et de tenir les vainqueurs en respect, de peur qu’enorgueillis par le succès ils ne troublassent aussi la paix de notre empire. Car une multitude innombrable de Lygiens accourait avec d’autres nations, attirées par le bruit des trésors que Vannius, pendant trente ans d’exactions, avait accumulés dans ce royaume. Vannius, avec l’infanterie qu’il avait à lui et la cavalerie que lui fournissaient les Sarmates Iazyges, était faible contre tant d’ennemis. Aussi résolut-il de se défendre dans ses places et de traîner la guerre en longueur.

Mais les Sarmates ne pouvaient souffrir l’ennui d’être assiégés. En courant les campagnes voisines, ils attirèrent de ce côté les Lygiens et les Hermondures, et le combat-devint inévitable. Vannius quitte ses forteresses et perd une bataille, revers qui lui valut au moins l’éloge d’avoir payé de sa personne et reçu d’honorables blessures. Il gagna la flotte qui l’attendait sur le Danube. Bientôt après ses vassaux le suivirent, et reçurent dans la Pannonie des terres et un établissement. Vangion et Sidon se partagèrent le royaume, et nous gardèrent une foi inaltérable ; très-aimés des peuples avant qu’ils fussent leurs maîtres, et (dirai-je par la faute de leur caractère, ou par le malheur de la domination ?) encore plus haïs quand ils le furent devenus.
Tacite, les Annales

Concernant la religion des Quades :

On se porta ensuite sur Bregetium. Les Quades exerçaient dans ce canton un reste d’hostilité qu’on voulait éteindre dans le sang ou dans les larmes. À la vue de notre armée, déjà parvenue au cœur du pays, et dont le pied foulait leur sol natal, Vitrodore, fils du roi Viduaire, et Agilimunde, son vassal, accompagnés des chefs ou juges de diverses tribus, vinrent se prosterner devant nos soldats, et jurèrent sur l’épée nue, seule divinité reconnue par ce peuple, de nous garder fidélité.
Ammien Marcellin

 

Warnes (latin : Varini)

Mentionnés par Pline l'ancien dans son Histoire Naturelle comme étant l'un des groupes constitutifs des Vandales (avec les Charines, les Burgondes et les Gutons).