Peuples et linguistique germaniques antiques

Peuples et linguistique germaniques antiques
Racines anthroponymiques - H




A B D E F G H I J K L M N O P R S T þ U W




-HAD- (Combat)
germanique haþu-

HAIM- (Pays, foyer, monde)
La signification du terme est transparente au regard des termes heem (néerlandais), home (anglais), heim (allemand) ou hem (suédois). L'étymon commun est le germanique *haima- (vieux norrois heimr, viel anglais hām, vieil haut allemand haima). La racine indo-européenne est *kþoimo (lieu d'habitation), une extension en -mo- de la racine *kþei (habiter). On la retrouve en vieil indien bhumi/bhuma (terre, monde, sol), kséma (sécurité, repos), lituanien kiemas (ferme, village).

-HAR- (Guerrier ou armée)

-HARD- (Fort, dur)
Du germanique *hardu- à l'origine, notamment, des termes français hardi ou s'enhardir. Le mot est attesté en vieil haut allemand hart, en gotique hardus, en vieux norrois harđr et en vieil anglais heard. Le terme se retrouve aujourd'hui dans l'ensemble des langues germaniques : allemand hart, néerlandais et anglais hard, suédois hård ou islandais harđur.

-HEID (Façon, manière d'être)

-HELM- (Casque)
Ce terme germanique ne pose pas le moindre problème d'interprétation puisqu'il est passé dans les langues romanes (français heaume, italien elmo) en conservant son sens de casque. Les langues germaniques l'ont également conservé jusqu'à nos jours (allemand et anglais helm, suédois hjälm). L'étymon germanique est *helma (gotique hilms, vieux norrois hjalmr). Il s'agit d'une construction en -mo- basée sur la racine indo-européenne kel (cacher, protéger) qui est bien connue (latin cella et cēlo par exemple).

-HILD- (Combat)
L'évocation de cette racine est l'occasion de tordre le cou de quelques idées véhiculées pas très sérieuses. Je pense en particulier à celle qui veut qu'elle fasse référence à une déesse des anciens Germains nommées Hildis. Disons clairement : cette hypothèse est irrecevable. Premièrement, il n’existe, à ma connaissance, aucune attestation relative à une quelconque déesse Hild/Hildis. Deuxièmement, cette racine signifie simplement "combat/bataille"(originellement bruit des armes s’entrechoquant) ou encore "bruit/tumulte". Elle est à rapprocher d’une racine indo-européenne *kel (appeler/crier) que l’on retrouve par exemple dans le nom du coq caliaco en vieux celtique continental donné par Xavier Delamarre.
Il est vrai, néanmoins, qu’on trouve une valkyrie (parmi d’autres) portant le nom de Hildr. Il s’agit d’une personnification du combat, de la bataille. Néanmoins, même si les figures mythologiques et leurs attributs/champs d’action sont souvent confondus, rien ne dit que les composés basés sur la racine hild fassent réellement référence à cette figure. Les noms en hild sont extrêmement fréquents, je doute que tous aient été placés sous le patronage d’une obscure divinité de second ordre.
Cette erreur ne se rencontre d'ailleurs que dans le monde francophone. Il semble qu'elle soit sans cesse reprise, sans être soumise à la moindre critique. En milieu germanique, une déesse Hildis n'est jamais évoquée. Il existe d'ailleurs également une valkyrie nommée Gunnr. Il est extrêmement paradoxal que, faisant appel à Hildr pour expliquer les noms en hild, on ne fasse pas appel à Gunnr pour expliquer les noms en gund.

HILP- (Aide, secours)
Substantif issu du germanique *helpan, aujourd'hui encore présent dans les différentes langues germaniques : néerlandais helpen, allemand helfen, anglais help, suédois hjälpa ou islandais hjálpa. Historiquement on a le viel haut allemand helfan, le gotique hilpan, le vieux norrois hjalpa ou le vieil anglais helpan.

HLOD- (Glorieux)
Cet adjectif désignait originellement ce qui est bruyant en germanique commun (cf. allemand laut, néerlandais luid et anglais loud de même sens). Elle est issue de la racine indo-européenne *kleuə (entendre). Très tôt il semble que le sens se soit élargi vers "célèbre, glorieux", dans le sens de "celui dont on entend parler". On exactement le même cas en celtique continental avec le cas du terme apparenté et de même sens cluto/clouto, issu de la même racine *kleuə. Le grec klutós, le sanskrit śrutáh et le latin in-clutus signifiant "fameux" leur sont apparentés.
Aucun terme ayant le sens de glorieux n'est aujourd'hui apparenté à la racine hlod dans les langues germaniques modernes. En réalité, en dehors du gotique qui nous offre un hlauts (bruyant), seules les langues du groupe germanique westique semble avoir conserver la racine à la suite du germanique commun. Il semble néanmoins qu'il faille traduire l'élément hlod dans l'anthroponymie germanique par "glorieux, renommé". Le terme est en effet encore présent avec ce sens en vieil haut allemand (hluth) et certains composés datant d'une époque où la signification des noms était encore largement comprise s'explique mieux par un sens "glorieux/illustre/renommé" plutôt que par un sens "bruyant". Par exemple Hlodowald (saint Cloud ou Clodoald) s'explique mieux par "qui gouverne glorieusement", plutôt que par "qui gouverne bruyamment/avec fracas".
Vieil indien : Śhrutamaghah
Grec ancien : Klythomethes
Vieux slave : Miroslav
Vieux celte : Clutorix

-HRAMM- (Corbeau)
Il s'agit d'une forme périphérique du germanique *hrabna (corbeau) attestée par le vieil haut allemand (h)ram. Le mot est aujourd'hui présent dans les différentes langues germaniques : anglais raven, allemand rabe... Il s'agit d'une dénomination de l'oiseau d'après son cri : indo-européen *kra-p-no (qui fait "kra") que l'on retrouve dans le latin corax/corvus ou le grec kórax.

HROD-

HROK- (Corneille, corbeau)
On retrouve ce terme dans le français freux (corbeau freux). Le terme est présent dans la langue gotique (Bible de Wulfila) sous la forme hruk (corneille), mais également dans les langues scandinaves : suédois kråka ou danois krage. Les formes westiques anglaise crow ou allemande krähe (vieil haut allemand : krāia, krāwa, krāha ou krāa) sont probablement issues du même étymon, avec affaiblissement de la consonne intervocalique. Il s'agit d'une dénomination de la corneille d'après son croassement, lui-même d'origine onomatopique (voir Hramm). On comparera le français croasser, l'anglais croak et l'allemand krächzen (croasser), le russe krakati (idem) ou le latin graculus (choucas).

HROS- (Cheval)
Du germanique *hrussa-/hrussaz conservé aujourd'hui dans plusieurs langues germaniques : allemand ross, néerlandais ros, anglais horse ou islandais hross. L'origine du terme est incertaine.

HUN-

HUGH- (Raison, esprit, intelligence)