Racines anthroponymiques G

Peuples et linguistique germaniques antiques

Peuples et linguistique germaniques antiques
Racines anthroponymiques - G




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GAND- (Baguette magique)

-GANG- (Démarche, allure)
Il s'agit d'un substantif, originellement *ganga-/gangaz, formé sur le verbe fort germanique *gæn (anglais go, néerlandais gaan, allemand gehen, suédois ). D'un point de vue indo-européen, on le compare avec le grec ancien kichānō (j'atteinds, j'obtiens) ou le vieil indien jíhīte (je bondis, je vais).
 

GAR- (Lance, javelot)

Elément extrêmement courant en première ou seconde position de composés.
Voire *Gaiza- dans le lexique.

Exemples : Roger/Rüdiger, Oscar, Radegaise, Fredegar, Vitiges, Ratchis, Gérald/Géraud/Gerold, Gérard, Gerbert, Gerbaud/Garibald, Geiseric/Genseric, Gertrude, Gerlinde, etc...
 

GARD- (Enclos, Protection)

Le mot *Garda- que l’on retrouve ici semble avoir à la fois désigné l’espace clôturé et ce qui a servi à le délimiter (haie, clôture). Une connotation magique dans certains contextes est à l’origine fort probable. Il semble en effet que le fait d’établir une clôture ait été pensé comme la mise en place d’une protection contre des forces malfaisantes. Ce n’est probablement pas un hasard si les différentes parties du monde dans la mythologie nordique s’appelle Ásgarðr (l’enclos des Ases), Miðgarðr (l’enclos du milieu) et Útgarðr (l’enclos extérieur). L’étymologie du mot allemand hexe (sorcière), d'un germanique *Hagatusjō- (vieil haut allemand hagzussa, vieil anglais hægtesse), signifiant "l'esprit de la clôture", nous démontre toute l’importance de la délimitation existant entre lieux fréquentés par les Hommes et le reste du monde. Le vieux norrois túnriđa « celle qui chevauche la clôture », « sorcière » est un autre exemple à citer. On le voit donc, certains êtres malfaisants étaient figurés comme s’attaquant à la clôture, probablement perçue comme étant le rempart qui empêchait toute intrusion d’esprits malins là où vivent les Hommes. Un sens figuré « protection » pour *Garda- est donc tout à fait probable (kenning ?), notamment dans le cadre de son utilisation en anthroponymie.

Exemples : Irmgard/Ermengarde, Hildegarde, Visigarde
 

GENN- (Lignée)

-GILD

-GISIL- (Otage)
Le sens de ce terme peut paraître étrange, il n'en est rien. Il était dans l'antiquité de coutume, pour garantir les bonnes relations entre peuples, de s'échanger des otages. Ceux-ci étaient alors traités à l'égal des plus grands, au contraire des esclaves que l'on considérait comme des marchandises. Être digne d'être considéré comme otage était un grand honneur. De nombreux chefs germaniques furent dans leur jeunesse otages à Rome, Théodoric le grand fut otage à Constantinople , tout comme Aetius chez les Wisigoths puis chez les Huns. Le terme s'est maintenu tel quel en allemand geisel. Il est issu d'un germanique *geisla-/geislaz, attesté en vieux norrois gísl, en vieil anglais gīsel ou vieil haut allemand gīsal. On suppose une racine *gheistlo et un terme emprunté par les Germains aux Celtes : vieil irlandais gíall, gallois gwystl ou vieux celtique continental gestlos de même sens. Il pourrait s'agir d'un développement à partir d'un terme *ghistlo- (gage) reconstitué à partir du vieil irlandais giall/geill.
L'existence de derivés suffixés en -l du germanique *gaiza-/gaizaz (voire gar) a lancé penser que gisil pouvait signifier "lance, flèche" comme dans le vieil haut allemand geisila (fouet, allemand geissel), le vieux norrois geisl (bâton) ou le lombard gīsil (flèche). Cette hypothèse n'est plus considéré.

GOD- (Dieu)
Il s'agit originellement d'un terme germanique *guþ-, désignation général de la divinité. On le retrouve historiquement en gotique guþ, en vieux norrois gođ/guđ, en vieil anglais god et en vieil haut allemand got. Il est aujourd'hui présent dans toutes les langues germaniques : allemand gott, anglais et néerlandais god, suédois gud, islandais gođ/guđ... On le rattache à une racine indo-européenne gheu- (verser) avec extension sur une dentale -t-. Il faut alors comprendre le sens originel comme "celui (la divinité) pour lequel on verse le sang de la victime (lors du sacrifice)".

GRIF- (Rapace, oiseau de proie)
Il s'agit, selon toutes vraisemblances, du germanique *gripi-/gripiz (griffe), un substantif former sur le verbe fort germanique *greipan (attraper). Il est assez raisonnable de penser que le terme désigne ici les oiseaux de proix, qui sont du reste nommés greifvogel (vogel = oiseau) en allemand. La racine, qui a donné les termes français griffe ou agripper, est issue de l'indo-européen *ghreib.

GRIM- (Masque)
Le terme est disparu aujourd'hui des langues germaniques et seul le français l'avait dans un premier temps conservé sous la forme grimace. Le vieil haut allemand grīmo ou grīma, tous deux avec le sens "masque", nous atteste de l'existence du terme. On trouve également le vieil anglais grīm. C'est également l'un des surnoms d'Odin : Grimnir (masqué), témoignant de sa propension à dissimuler son identité.

-GUND- (Combat)
germanique gunþa-