Peuples et linguistique germaniques antiques

Peuples et linguistique germaniques antiques
Lexique germanique N




A B D E F G H I J K L M N O P R S T þ U W




*Nadra-, *Nadrō- (Couleuvre), substantif masculin ou féminin, germanique commun

gotique : nadrs
vieil haut allemand : nāt(a)ra, nāter, vieux saxon : nādra, allemand : natter
vieil anglais : næd(d)re
vieux norrois : nađr, nađra

A comparer directement avec le vieil irlandais nath(a)ir, le gallois neidr et le latin natrix (serpent d'eau). La voyelle longue des formes vieilles allemandes est due à un allongement secondaire de la vocale.

 

*Nahtigalōn (Rossignol), substantif féminin, ouest germanique

vieil haut allemand : naht(a)gala, vieux saxon : nahtagala, nahtigala, allemand : nachtigall
néerlandais : nachtegaal
vieil anglais : nihtegalem, anglais : nightingale

Composé contenant les éléments → *Naht- (nuit) et → *Galan (chanter), le sens originel est donc : "celui qui chante la nuit" (celui qui chante au crepuscule), malgré le fait que le rossignol chante aussi dans la journée. Le latin luscinia (de canere, chanter) correspond sémantiquement. Le premier élément pourrait être *lusci-, avec un sens inattesté de "crépuscule".

 

*Nastila- (Attache, lien), substantif, germanique continental
*Nasta- (Attache, lien), substantif, germanique commun


vieil haut allemand : nestila, nestel, nestilo, vieux saxon : nestila, allemand (régional) : nestel
vieux frison : nēstla, néerlandais : nestel
vieux gutnisk : nast

*Nastila- est probablement une formation diminutive sur un *Nasta- qui n'est attesté que par le vieux gutnisk (langue de l'île de Gotland) nast, l'emprunt finnois nasta et dans le composé vieil haut allemand (lex Alamannorum) nast-eid (type de serment). Avec alternance vocalique on peut également citer le vieux norrois nist(i) (boucle, broche) ou les termes vieil anglais nos(t)le et nestan.
Au final probablement issu d'une racine indo-européenne *ned- (lier, nouer) qui a également donnée dans le domaine germanique → *Natja- et peut-être → *Natilōn, *Natōn. L'allemand et le néerlandais modernes ont pris le sens de "lacet", "ruban".
A donné le vieux français lasne, corruption de *nasle sous l'influence de laz (lacet), et lui même à l'origine de → lanière. On retrouve les termes nale (ruban) et nalière (lacet de cuir) en wallon.

 

*Natilōn (Ortie), substantif féminin, germanique occidental
*Natōn (Ortie), substantif féminin, germanique commun


vieil haut allemand : nezzila, nazza, vieux saxon : netila, allemand : nessel
néerlandais : netel-
vieil anglais : net(e)le, netel, anglais : nettle
gutnisk : nata, suédois : nässla, islandais : netla

*Natilōn est probablement issu d'un plus ancien *Natōn dont on trouve encore des traces dans le gutnisk (langue de l'île de Gotland) nata et le vieil haut allemand nezza. On évoque en dehors du domaine germanique, sur une base *net (alors que le germanique laisserait attendre *ned-), le moyen irlandais nenaid ou le lituanien nõterė de même sens. Le rapprochement avec les termes grecs anciens adíkē (idem, de *nd- ?), knídē ou kníza est incertain. On a proposé une connexion au niveau indo-européen avec une racine *ned- (lier, nouer), que l'on retrouve dans → *Nastila-, *Nasta- (attache, lien) ou dans → *Natja- (filet) pour le domaine germanique. Le fait est que l'ortie a probablement servi anciennement pour les travaux de tissage.

 

*Natja- (Filet), substantif neutre, germanique commun

gotique : nati
vieil haut allemand : nezzi, vieux saxon : net(ti), allemand : netz
néerlandais : net
vieil anglais : nett, anglais : net
vieux norrois : net, suédois : nät, islandais : net

Un terme vieux norrois nót avec degré vocalique long est attesté et rappelle le latin nōdus (français → noeud, nouer). Il s'agit au final d'un étymon issu d'une racine indo-européenne *ned- (lier, nouer) qui a également donnée → *Nastila-, *Nasta- (attache, lien) et peut-être → *Natilōn, *Natōn.

 

*Naudi- (Contrainte, nécessité, besoin), substantif féminin, germanique commun
*Nauþi- (Contrainte, nécessité, besoin), substantif féminin, germanique commun

gotique : nauþs
vieil haut allemand : nōt, vieux saxon : nōd, allemand : not
vieux frison : nēd, nād, néerlandais : nood
vieil anglais : nīd, nēad, anglais : need
vieux norrois : nauđr, suédois : nöd, islandais : neyđ

Probablement un dérivé en [ti] directement comparable au vieux prussien nautins (même sens) et au tchèque nutiti (forcer, obliger). Voire également le lituanien panūsti (exiger, convoiter) et le vieux slave nuditi (forcer). Le germanique → *Neuda- (désir, exigence) est de même origine. Sur le même radical *naw-, on retrouve par exemple le lituanien nõvè (oppression, torture) ou le russe onávit'sja (s'épuiser, s'éreinter). Forme verbale correspondante : → *Naudan, *Nauþan (forcer, contraindre). Composé : → *Naudiþurfti- (besoin).
*Naudi- est la dixième lettre de l'alphabet futhark.

 

*Naudiþurfti- (Besoin), substantif féminin, germanique commun

gotique : naudiþaurfts
vieil haut allemand : nōtdur(u)ft, nōtthurf(t), vieux saxon : nōdthurft, allemand : notdurft
vieux frison : nēdthreft
vieil anglais : nīdþearf (adjectif)

Composé ancien sur → *Naudi-, *Nauþi- (contrainte, nécessité, besoin) et → *Þurfti- (besoin).

 

*Naudjan (Forcer, contraindre), verbe faible, germanique commun
*Nauþjan (Forcer, contraindre), verbe faible, germanique commun

gotique : nauþjan
vieil haut allemand : nōten, vieux saxon : nōdian
vieux frison : nēda
vieil anglais : nīdan
vieux norrois : neyða

Formation verbale sur → *Naudi-, *Nauþi- (contrainte, nécessité, besoin).

 

*Neuda- (Désir, exigence, souhait), substantif masculin, germanique commun

vieil haut allemand : niot, vieux saxon : niud
vieux frison : niōd
vieil anglais : nēod

De même origine que → *Naudi-, *Nauþi- (contrainte, nécessité, besoin). Préservé en allemand moderne à travers l'adjectif niedlich qui est une reprise au bas allemand.

 

*Nista- (Nid), substantif neutre, germanique occidental

vieil haut allemand : nest, allemand : nest
néerlandais : nest
vieil anglais : nest, anglais : nest

D'une racine indo-européenne *nizdo- d'où proviennent également le sanscrit nīdá-, l'arménien nist, le vieil irlandais net ou le latin nīdus (français → nid). Le lituanien lìzdas et vieux slave gnězdo sont de même origine. *nizdo- se compose de *ni- (bas) et du degré zéro de *sed- (asseoir) : *ni-zd-o- soit "lieu où s'asseoir", "lieu où nicher". Voire → *Nistijan. Pour les termes issus de la racine indo-européenne *sed-, voire → *Setjan (être assis) ou → *Satejan.

 

*Nistijan (Nicher), verbe, germanique occidental

vieil haut allemand : nisten, allemand : nisten
néerlandais : nesten
vieil anglais : nist(i)an, anglais : nest

Dérivé sur → *Nista-.