Peuples et linguistique germaniques antiques

Peuples et linguistique germaniques antiques
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Ampsivariens (latin : Ampsivarii, Ampsivari, Ansibarii) (Ier siècle - )

Après la bataille d'Idistaviso et une autre bataille à la frontière entre Ampsivariens et Chérusques (16 ap. JC), les Romains voulurent porter la guerre chez les Ampsivariens. Ceux-ci parvinrent à l'éviter en achetant la paix à l'Empire (Tacite - les Annales) et se soumettant. Il semble que c'est cet acte qui leur vaudra par la suite l'inimitié des autres Germains.

Tacite nous raconte dans les Annales comment en l'an 58 ap. JC, chassés de leurs terres par les Chauques et sous la conduite de Boiocalus [un nom celte], ils implorèrent l'Empire de leur accorder la jouissance d'un territoire inoccupé le long du Rhin qui avait jadis appartenu aux Chamaves, aux Tubantes et aux Usipètes. Ils essuyèrent un refus et durent se retirer, sans terres, chez les Usipètes et les Tubantes. Une nouvelle fois chassés, ils fuirent chez les Chattes et les Chérusques où ils furent décimés et réduits en esclavage.

Ils furent a cette occasion probablement complétement annihilés, excepté peut être quelques groupes qui sont cités par l'historien Sulpice Alexandre comme alliés aux Chattes lors d'une campagne d'Arbogast outre-Rhin à la fin du IVème siècle. Une unité d'Ampsivariens apparaît également dans la Notitia Dignitatum à l'époque de l'empereur Honorius.
 

Bataves (latin : Batavi)

D'après Tacite, se serait un rameau des Chattes ayant quitté la tribu originelle suite à des querelles internes. Ils fournirent jusqu'à leur grande rebellion de nombreuses troupes aux armées romaines et étaient considérés comme d'excellents soldats:

Les Bataves, tant qu'ils demeurèrent au delà du Rhin, firent partie des Cattes. Chassés par une sédition domestique, ils occupèrent l'extrémité alors inhabitée des côtes de la Gaule, et une île située entre des lagunes, et baignée en face par l'Océan, des trois autres côtés par le Rhin. Alliés des Romains, sans que la société du plus fort les écrase de sa prépondérance, ils ne fournissent à l'empire que des hommes et des armes. Les guerres de Germanie avaient longtemps exercé leur courage ; leur gloire s'accrut en Bretagne, où l'on fit passer plusieurs de leurs cohortes, commandées, selon l'usage de ce peuple, par les plus nobles de la nation. Le pays entretenait en outre une cavalerie d'élite, qui excellait à nager avec ses armes et ses chevaux, et qui traversait le Rhin sans rompre ses escadrons.
Tacite, les Histoires

L'île dont parle Tacite est la Betuwe (Insola Batavorum).

Voici un point qui pourrait renforcer l'hypothèse d'une origine chatte des Bataves:

Alors Civilis quitta cette longue et rousse chevelure, que, d'après un vœu de ces pays barbares, accompli par le massacre des légions, il laissait croître depuis le moment où il avait pris les armes contre les Romains.
Tacite, les Histoires

D'après Grégoire de Tours, ils auraient été ensuite installés sur la rive gauche du Rhin, en Bélgique et dans le nord de la France, par les Romains après avoir été chassés par des peuples de la confédération des Francs.

Ils se révoltèrent en 69 et 70 ap. JC contre le joug de l'Empire romain. Ils entrainèrent de nombreuses nations voisines dans une guerre sanglante pour les Romains. Tacite en fait une langue description dans les Histoires.

Il me semble logique de supposer qu’ils tirent leur nom de la région dans laquelle ils se sont établis (insula Batavorum, Betuwe), plutôt que l’inverse. Il me paraît personnellement très probable que le second élément du nom soit le germanique *ahwō (eau, fleuve, et par extension les terres attenantes). On le retrouve en ancien haut allemand (ouwa), ou en allemand moderne dans les noms de lieux (-au) comme Haguenau ou Landau. En ce qui concerne le premier élément, je pense qu’il s’agit d’un ancien germanique *bat (bon), que l’on retrouve aujourd’hui en anglais (better) ou en allemand (besser) sous forme de comparatif.

On remarquera également que la ville de Passau en Bavière tire selon toute vraisemblance son nom d’une garnison de Bataves en poste dans la région. On trouve en effet ce passage dans la Notitia Dignitatum : "…tribunus cohortis nonae Batavorum, Batavis" ou le dernier mot est le nom de la ville. Ce qui est intéressant c’est de voir que le second élément du nom a également évolué vers -au, ce qui pourrait laisser entendre, en faisant abstraction de l’évolution linguistique normale, qu’il était compris comme représentant le germanique *ahwō.

Je penche donc, concernant la Betuwe, pour un territoire à proximité d’un fleuve (une île) qui tirerait son nom de la grande fertilité de ses terres. Du reste, aujourd’hui encore elle est réputée pour cela. Les Bataves auraient pris leur nom de la région. Cela n’est pas en désaccord avec Tacite qui en fait un rameau détaché tardivement des Chattes. Ces "sans nom" auraient pris leur appellation du lieu dans lequel ils se sont installés et qu’ils ont peut-être, eux-mêmes, baptisé.

 

Bructères (latin : Bructeri)

Ils subirent une campagne de représailles ordonnées par Germanicus en 15 ap. JC:

Il souleva par ces discours non seulement les Chérusques, mais encore les nations voisines, et entraîna dans la ligue son oncle Inguiomère, nom depuis longtemps estimé des Romains : César vit ce nouveau péril. Pour empêcher que tout le poids de la guerre ne pesât sur un seul point, et afin de diviser les forces de l'ennemi, il envoya Cécina vers l'Ems, par le pays des Bructères, avec quarante cohortes romaines. Le préfet Pédo conduisit la cavalerie par les confins de la Frise ; Germanicus lui-même s'embarqua sur les lacs37 avec quatre légions ; et bientôt l'infanterie, la cavalerie et la flotte, se trouvèrent réunies sur le fleuve marqué pour rendez-vous. Les Chauques offrirent des secours et furent admis sous nos drapeaux. Les Bructères mettaient en cendres leur propre pays. L. Stertinius, envoyé par César avec une troupe légèrement équipée, les battit ; et, en continuant de tuer et de piller, il retrouva l'aigle de la dix-neuvième légion, perdue avec Varus. Ensuite l'armée s'avança jusqu'aux dernières limites des Bructè res, et tout fut ravagé entre l'Ems et la Lippe, non loin de la forêt de Teutberg38, où, disait-on, gisaient sans sépulture les restes de Varus et de ses légions.

Ils prirent part à la grande rebellion batave en 69-70 ap. JC.

 

Canninefates (latin : Cananefati)

Ils prirent par à la grande rebellion batave. Tacite nous dit à cette occasion qu'ils étaient très proches culturellement des Bataves :

Après ce discours, qui fut reçu avec enthousiasme, Civilis lia tous les convives par les imprécations en usage parmi ces barbares. Il envoya vers les Canninéfates pour les associer à l'entreprise. Cette nation habite une partie de l'île : origine, langue, valeur, elle a tout des Bataves, excepté le nombre.
Tacite, les Histoires
 

Caracates

Groupe mentionné une unique fois par Tacite dans les Histoires lors de son récit de la grande rebellion batave. Ils sont alors associés aux Vangions et aux Triboques :

Tutor, après avoir ajouté aux bandes tréviroises des recrues de Vangions, de Caracates et de Triboques, les renforça de vieux légionnaires tant à pied qu'à cheval, qu'il corrompit par l'espérance ou força par la crainte. Ceux-ci massacrèrent d'abord une cohorte qu'avait détachée en avant Sextilius Félix ; bientôt, en voyant approcher des généraux et une armée romaine, ils retournèrent, par une désertion honorable, au poste du devoir, et furent suivis des Triboques, des Vangions et des Caracates.
Tacite, les Histoires

 

Chamaves (latin : Chamavi) (Ier siècle - )

Déjà mentionnés chez Tacite en compagnie des autres tribus. Ce peuple était établi au 4eme siècle au nord du Rhin, entre la Lippe et Yssel, aux Pays-Bas actuels. Ils furent intégrés au Royaume Franc.

Le nom des Chamaves renvoie à celui des Bataves, autre peuple germanique de la région. Le nom semble également contenir la racine germanique *ahwô, avec un premier élément clairement germanique *haima. Les Chamaves sont donc "ceux qui vivent près de l’eau" ou "ceux qui habitent le pays près de l’eau" ou encore "ceux qui habitent des terres humides".
 

Chattes (latin : Chatti, Catti) (Ier siècle av. JC - )

Mentionnés par Pline l'ancien comme l'une des composantes des Herminones en compagnie des Suèves, des Hermondures et des Chérusques.

Récit de la campagne de Germanicus chez les Chattes en 15 ap. JC:

Germanicus donne à Cécina quatre légions, cinq mille auxiliaires et les milices levées à la hâte parmi les Germains qui habitent en deçà du Rhin. Il prend avec lui le même nombre de légions et le double de troupes alliées, relève sur le mont Taunus un fort que son père y avait jadis établi, et fond avec son armée sans bagages sur le pays des Chattes, laissant derrière lui L. Apronius, chargé d'entretenir les routes et les digues. Une sécheresse, rare dans ces climats, et le peu de hauteur des rivières, lui avaient permis d'avancer sans obstacles ; mais on craignait pour le retour les pluies et la crue des eaux. Son arrivée chez les Chattes fut si imprévue, que tout ce que l'âge et le sexe rendaient incapable de résistance fut pris ou tué dans un instant. Les guerriers avaient traversé l'Éder à la nage et voulaient empêcher les Romains d'y jeter un pont. Repoussés par nos machines et nos flèches, ayant essayé vainement d'entrer en négociation, quelques-uns passèrent du côté de Germanicus ; les autres, abandonnant leurs bourgades et leurs villages, se dispersèrent dans les forêts. César, après avoir brûlé Mattium, chef-lieu de cette nation, et ravagé le plat pays, tourna vers le Rhin. L'ennemi n'osa inquiéter la retraite, comme le font ces peuples lorsqu'ils ont cédé le terrain par ruse plutôt que par crainte. Les Chérusques avaient eu l'intention de secourir les Chattes ; mais Cécina leur fit peur en promenant ses armes par tout le pays. Les Marses eurent l'audace de combattre : une victoire les réprima.

En 16 ap. JC, après sa victoire sur les Chérusques d'Arminius, Germanicus organisa les représailles et envoya Sillius avec succès les combattre (Tacite les Annales).

Tacite dans les Annales fait le récit d'un combat entre les Chattes et les Hermondures en 58 ap. JC pour le contrôle d'une rivière dont on pouvait extraire le sel (peut-être la Saale franconienne). Ils subirent une grave défaite et les vaincus furent sacrifiés aux divinités (Mars et Mercure).

Ils prirent part à la grand révolte batave en 69-70 ap. JC. (attaque de Mayence).

 

Chérusques (latin : Cherusci) (Ier siècle av. JC - )

Mentionnés par Pline l'ancien comme l'une des composantes des Herminones en compagnie des Suèves, des Hermondures et des Chattes.

Tacite dans les Annales fait le récit de la bataille d'Idistaviso en 16 ap. JC entre les troupes romaines menées par Germanicus et les Chérusques sous la conduite d'Arminius.

Tacite dans les Annales fait également le récit du conflit qui opposa Arminius à Marbod, roi des Marcomans. Ce conflit fut bien plus qu'une guerre entre deux peuples. Il s'agissait d'un combat entre la Germanie libre, ou qui aspirait à l'être, et le partie romain. Pour cela les Chérusques s'allièrent avec les Semnons et les Lombards qui étaient eux-même sous la domination des Marcomans. Les Chérusques furent vainqueurs.

 

Frisiavions (latin : Frisiaviones)

Peuple mentionné uniquement par Pline l'ancien dans l'Histoire Naturelle. Il les situe comme installés près des bouches du Rhin et les différencie des Frisons.

 

Frisons (latin : Frisii) (Ier siècle av. JC - )

Ils furent soumis par Drusus en 12 ap. JC, leurs terres occupées et on leur imposa le versement d'un tribut.

Les Frisons se révoltèrent contre les tributs imposés par l'Empire Romain et infligèrent une cruelle défaite aux armées de l'empire au bois de Baduhenne en 28 ap. JC (Tacite - les Annales).

Dans les Annales, Tacite nous raconte qu'en 58 les Frisons, sous la conduite de Verritus et Malorix, tentèrent de s'installer sur des terres proches du Rhin que les Romains avaient sciemment constitué en no man's land. Ils recurent l'ordre, après des tractations infructueuses, de quitter les terres qu'ils s'étaient appropriés et en furent chassés par la cavalerie auxiliaire.

Ils prirent part en 69-70 ap. JC à la grand révolte batave.

 

Marses (latin : Marsi) (Ier siècle av. JC - )

En 14 ap. JC, Germanicus mena une campagne contre les Marses dont Tacite fait le récit dans les Annales:

Joyeux et rapprochés de nos frontières, les Germains triomphaient de l'inaction où nous avait retenus d'abord le deuil d'Auguste, ensuite la discorde. L'armée romaine, après une marche rapide, perce la forêt de Caesia, ouvre le rempart construit par Tibère, et campe sur ce rempart même, couverte en avant et en arrière par des retranchements, sur les deux flancs par des abatis d'arbres. Ensuite elle traverse des bois épais. On délibéra si, de deux chemins, on prendrait le plus court et le plus fréquenté ou l'autre plus difficile, non frayé, et que pour cette raison l'ennemi ne surveillait point. On choisit la route la plus longue, mais on redoubla de vitesse ; car nos éclaireurs avaient rapporté que la nuit suivante était une fête chez les Germains, et qu'ils la célébraient par des festins solennels. Cécina eut l'ordre de s'avancer le premier avec les cohortes sans bagages, et d'écarter les obstacles qu'il trouverait dans la forêt ; les légions suivaient à quelque distance. Une nuit éclairée par les astres favorisa la marche. On arrive au village des Marses, et on les investit. Les barbares étaient encore étendus sur leurs lits ou près des tables, sans la moindre inquiétude, sans gardes qui veillassent pour eux : tant leur négligence laissait tout à l'abandon. Ils ne songeaient point à la guerre, et leur sécurité même était moins celle de la paix que le désordre et l'affaissement de l'ivresse.

César, pour donner à ses légions impatientes plus de pays à ravager, les partage en quatre colonnes. Il porte le fer et la flamme sur un espace de cinquante milles. Ni l'âge ni le sexe ne trouvent de pitié ; le sacré n'est pas plus épargné que le profane, et le temple le plus célèbre de ces contrées, celui de Tanfana, est entièrement détruit. Nos soldats revinrent sans blessures ; ils n'avaient qu'à égorger des hommes à moitié endormis, désarmés ou épars. Ce massacre réveilla les Bructères, les Tubantes, les Usipiens ; ils se postèrent dans les bois par où l'armée devait faire sa retraite. Le général en fut instruit, et disposa tout pour la marche et le combat. Une partie de la cavalerie et les cohortes auxiliaires formaient l'avant-garde ; venait ensuite la première légion ; au centre étaient les bagages ; la vingt et unième légion occupait le flanc gauche, la cinquième le flanc droit ; la vingtième protégeait les derrières, suivie du reste des alliés. Les ennemis attendirent tranquillement que toute la longueur de la colonne fût engagée dans les défilés. Alors, faisant sur le front et les ailes de légères attaques, ils tombent de toute leur force sur l'arrière-garde. Les bataillons serrés des Germains commençaient à porter le désordre dans nos cohortes légèrement armées, lorsque César accourut vers la vingtième légion et lui cria d'une voix forte "que le temps était venu d'effacer la mémoire de la sédition ; qu'elle marchât donc, et qu'elle se hâtât de changer en gloire le blâme qu'elle avait mérité." Les courages s'enflamment : l'ennemi, enfoncé d'un choc, est rejeté dans la plaine et taillé en pièces. Au même moment la tête de l'armée, sortie du bois, se retranchait déjà. Le retour s'acheva paisiblement. Fier du présent, oubliant le passé, le soldat rentre dans ses quartiers d'hiver.


En 16 ap. JC, après sa victoire sur les Chérusques d'Arminius, Germanicus mena chez eux une campagne de représailles et parvint à récupérer un des aigles de Varus (Tacite les Annales).
 

Marsaques (latin : Marsacii)

Mentionnés par Tacite dans le cadre de la grande révolte batave en 69-70 ap. JC. Pline l'ancien dans l'Histoire Natuelle nomme également ce peuple et les décrit comme installés dans les bouches du Rhin.

 

Mattiaques (latin : Mattiaci)

Mentionnés par Tacite comme installés sur les bords du Rhin. Leur territoire était compris dans l'actuelle Hesse.

Ils prirent part à la grand révolte batave en 69-70 ap. JC (attaque de Mayence).

 

Saliens

Mentionnés seulement sous Julien (331-363). Ils devaient être établis au confluent de l'Ijssel et de la Vechte, en bordure du lac Flevo (le Zuidersee), c'est à dire le futur Salland médiéval auquel ils donnèrent sans doute leur nom. Peut-être originellement issus des Chamaves. L'empereur Constant 1er les aurait vaincu et en aurait fixé un certain nombre en Toxandrie dans le courant du IVème siècle (340/350). Ils étaient installés entre Tongres et Tournai durant les évènements de 406. Aux alentours de 445, ils tentèrent une extension vers le sud sous la conduite de Clodion (Cambrai, Arras puis la Somme), mais furent repoussés par Majorien, général d'Aetius, tout en conservant Tournai par foedus.
Ils demeurèrent par la suite tranquille et se comportèrent en bons alliés des Romains. C'est probablement cette attitude qui permis à Childeric de prendre le dessus en tant que chef sur les autres rois francs régnant ailleurs. Ils formèrent la confédération des Francs.

On rapproche régulièrement le nom des Saliens de celui de l'Ijssel et du Salland (région des Pays-Bas). Je ne suis pas convaincu qu'il y ait une relation directe entre le nom de la rivière et les deux autres. Le cours d'eau (Isala ? Hisala ? d'après des sources de la toile) était connu bien avant que les Saliens n'entrent dans l'histoire. L'éthnonyme n'a donc pu déterminer l'hydronyme. La circulation n'aurait donc pu se faire que dans le sens rivière -> peuple et pays. Or, bien qu'on ne puisse être sûr de rien, je ne vois pas pourquoi les noms du peuple et du pays ne contiendraient pas la première syllabe d'Ijssel s'ils découlent de là.

Je pense qu'on pourrait avoir à faire à la racine indo-européenne *sal(a) (eau, eau salée, mer) que l'on reconstruit à partir de plusieurs hydronymes européens (en rapport avec le sel). On la reconstruit également à partir de termes comme le vieux prussien salus (écoulement d'eau de pluie), le vieil irlandais sal (mer) ou le latin salum (mer, agitation de l'eau). Je pense que le nom de l'Ijssel vient de là (plutôt que d'*isara), avec un premier élément non-identifié. Au final, j'aurais également tendance à penser que la doublette Saliens/Salland provient de cette racine IE *sal(a) nous mettant une nouvelle fois en relation avec l'eau. Cette conclusion n'est pas certaine, et d'autres pistes peuvent s'ouvrir à nous, mais les Saliens pourraient être ceux qui vivent près de la mer ou sur des terrains marécageux. Le nom Saliens, en ce qui concerne le sens, pourrait donc offrir une belle continuité à celui des Chamaves desquels ils auraient été en partie formés.

Julien se porta d’abord contre les Francs dits Saliens, qui s’étaient établis de leur propre autorité sur le territoire romain en Toxiandrie. À Tongres, il rencontra une députation de ce peuple, qui, le supposant encore dans ses quartiers d’hiver, lui faisait offrir la paix. Ils étaient chez eux, à les entendre, et promettaient de s’y tenir tranquilles, pourvu qu’on ne vint pas les y troubler. Julien amuse les députés quelque temps par des paroles ambiguës, et finalement les congédie avec des présents, leur laissant croire qu’il attendrait leur retour.

Mais ils n’eurent pas le dos tourné, qu’il se remit en marche ; et, faisant suivre à Sévère la rive du fleuve afin d’étendre sa ligne d’attaque, il tombe comme la foudre sur le gros de la nation, qu’il trouva plus disposée à s’humilier qu’à se défendre. Le succès le disposait à la clémence ; aussi les reçut-il en grâce quand ils vinrent se livrer avec leurs biens et leurs enfants.

De là se jetant sur les Chamaves, qu’il avait à punir d’une semblable agression, il les défait avec une égale promptitude. Une partie de la nation lui opposa une vive résistance, et fut faite prisonnière ; le reste gagna précipitamment ses retraites, où César s’abstint de les poursuivre, voulant ménager les forces de ses soldats. Les vaincus cependant, afin d’assurer leurs chances de salut, ne tardèrent pas à lui envoyer une députation qui implora la paix à genoux. Elle leur fut accordée, à la seule condition de retourner dans leur ancien pays.

Ammien Marcellin

 


Sturii

Peuple mentionné uniquement par Pline l'ancien dans l'Histoire Naturelle. Il les situe comme installés près des bouches du Rhin.

 

Tenctères (latin : Tencteri)


Ils étaient établis dans la région en face de Cologne, sur la rive droite du Rhin. Vaincus par Cesar en -55 av. J.C..Ils subirent comme tous les autres peuples de la région la domination des Romains en -12 av. J.C. avant que la victoire du Teutoburg en 9 ap. J.C. ne les libère du joug romain.

Ils prirent part à la rebellion batave en 69-70 ap. JC.

 

Triboques (latin : Triboci)


Mentionnés par Tacite dans la Germanie comme étant, sans aucun doute possible, des Germains installés sur les bords du Rhin.

Ils prirent part à la rebellion batave en 69-70 ap. JC.

 

Ubiens

Ils étaient installés à l'époque de César dans la région du Taunus, sur la rive droite du Rhin. Ils formèrent une alliance avec Jules Cesar en 55 av. J.C. et demeurèrent par la suite de tous temps des alliés des Romains. Ils furent déplacés par ces derniers en 39 av. J.C. sur la rive gauche du Rhin. Le motif en aurait été la menace des Suèves. La ville de Cologne fut créer sur leur territoire et devint leur centre principal. Ils changèrent leur nom en Agrippenses en l'honneur de leur protecteur Agrippa.

Ils demeurèrent fidèles aux Romains durant la rebellion batave en 69-70 ap. JC., ce qui exacerba la haine des autres tribus germaniques.

 

Usipètes, Usipiens

Vaincus par Cesar en -55 av. J.C..Mentionnés par Tacite comme voisins des Chattes et des Tenctères.

Ils prirent part à la grand révolte batave en 69-70 ap. JC. (attaque de Mayence).

 

Vangions (latin : Vangiones)


Mentionnés par Tacite dans la Germanie comme étant, sans aucun doute possible, des Germains installés sur les bords du Rhin.

Ils prirent part à la rebellion batave en 69-70 ap. JC.