Peuples et linguistique germaniques antiques

Peuples et linguistique germaniques antiques
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Burgondes (latin : Burgundiones)

Mentionnés par Pline l'ancien dans son Histoire Naturelle comme étant l'un des groupes constitutifs des Vandales (avec les Charines, les Warnes et les Gutons). Leur lieu d'établissement primitif nous est inconnu. On fait néanmoins un rapprochement entre leur nom et celui de l'île de Bornholm dans la mer Baltique, anciennement Burgundarhólmr.

Mentionnés par Zosime comme ayant été vaincus en compagnie des Longions et des Vandales par les armées romaines sur le fleuve Lech à l'époque de l'empereur Probus (276-282).

Convertis à l'arianisme dès la première moitié du Vème siècle.

 

Charines (latin : Charini)

Peuple dont on Pline l'Ancien fait l'un des 4 groupes constitutifs des Vandales (avec les Burgondes, les Charines et les Warnes). C'est la seule mention de leur nom qui nous soit parvenue.

 

Goths, Gutons (latin : Gutones)

Ils sont mentionnés par Pline l'ancien dans son Histoire Naturelle comme étant l'un des groupes constitutifs des Vandales (avec les Burgondes, les Charines et les Warnes).

Tacite raconte dans les Annales comment le Gothon Catualda, à la suite de la défaite de Marbod face aux Chérusques, chercha à se venger du roi marcoman qui l'avait par le passé obligé à fuir et l'attaqua. Marbod fut vaincu et dû trouver refuge auprès de l'Empire Romain. Catualda ne profita pas longtemps de cette victoire puisqu'il fut bientôt vaincu par une armée d'Hermondures et dû lui aussi s'enfouir au sein de l'Empire.
 

Lacringes (latin: Lacringi - probablement vandales)

D'après Dion Cassius, il s'agirait d'un groupe de Germains que les autorités opposèrent avec succès aux Vandales/Hasdings lorsque ceux-ci tentèrent de s'établir de force en Dace. D'après Helmut Castritius, leur nom signifie "les téméraires, les audacieux". Il pourrait s'agir d'un autre groupe apparenté aux Vandales.
 

Longions (latin: Longiones)

Mentionnés une unique fois par Zosime comme ayant été vaincus avec les Burgondes et les Vandales sur le fleuve Lech par les armées romaines à l'époque de l'empereur Probus (276-282).

Leur origine est indéterminée. Il est à noter que leur chef s'appelait Semnon, ce qui pourrait en faire des Suèves. Néanmoins leur association aux Burgondes et Vandales et la quasi-homonymie de "Longions" et "Lugues" plaident pour une origine germanique orientale.
 

Obiens (latin : Obii - probablement vandales)

Groupe mentionné par Dion Cassius comme étant passé en Pannonie en compagnie de Langobards et probablement d'autres groupes mineurs non-cités en 166. Cet évènement fut un prémice aux guerres marcomanniques. Il se peut qu'ils n'aient été qu'un sous-groupe au sein d'un peuple plus importants (Suèves, Vandales ?).

Il semble que ce soit la menace d'autres peuples plus au nord (les Goths en tant que nouveau venus sur la Vistule) qui ait amené ce mouvement de population. Les Marcomans les laissèrent vraisemblablement passer sur leur territoire et les aidèrent même à repasser le Danube lorsque les Romains les vainquirent.
 

Vandales (latin : Vandali ou Vandili)

La première mention du nom sous la forme Vandili se trouve dans l'Histoire Naturelle de Pline l'ancien, soit des années 70-80 ap. J.C. Pline mentionne qu'il existe 5 groupes principaux de Germains parmi lesquels il cite en premier les Vandales. Il ajoute que les composantes principales des Vandales sont les Burgondes, les Gutons, les Warnes et les Charines. Leur territoire s'étendait alors à l'ouest de l'Elbe, au sud de le mer Baltique et jusque loin en Europe de l'est.

Tacite les mentionne lui-aussi dans la Germania sous le nom de Vandilii en précisant qu'il s'agit là d'un nom véritable et antique. Ils ne sont mentionnés qu'en début d'ouvrage et de manière lapidaire, avant que l'auteur ne commence son énumération des tributs germaniques. Le fait qu'il s'attarde plus loin sur les Lugues sans mentionner à nouveau les Vandales va dans le sens de la thèse Lugues = Vandales. Il n'est pas impossible que Pline, qui fut officier en Germanie, ait été davantage renseigné (et ait utilisé le nom Vandales), pendant que Strabon ou Tacite préféraient utiliser le nom plus classique de Lugues.

Un lien avec la région du Vendsyssel dans le Jutland septentrional est possible. Il existe également une localité nommée Vendel en Suède où ont été faites d'importantes trouvailles archéologiques. Concernant les Vandales Hasdings, voire absolument Régis Boyer, page 165. Le nom signifie "qui ont les cheveux longs" et il s'appliquait originellement uniquement à la classe dirigeante. Il a bien sûr une signification religieuse et magique comme cela était le cas chez les Francs (Mérovingiens).

Un particularisme vandale était celui de la double royauté. Celle-ci reposait bien entendu sur des fondements religieux. On peut penser aux Alcis révérés par les Naharvales, à Ambri (d'un germanique *ambr(a) -> bois, pieu, bâton) et Assi (frêne) combattant les Winniles ou à Raos (vergue) et Raptos (poutre, bâton) qui, selon le témoignage de Cassius Dion, tentèrent en vain d'établir le peuple vandale en Dace. D'après Helmut Castritius, cela renverrait également à un culte des idoles en bois. Rappelons que les Dioscures étaient parfois représentés sous cette forme en Grèce antique.

D'après Cassius Dion (à vérifier), les Vandales tentèrent de s'établir dans le courant du Ier ap. J.C. en Dace. Ils furent repoussés, notamment avec l'aide des Lakringer, et furent contraints par traitée à la paix et à l'assistance militaire aux Romains en échange d'un tribu annuel et de l'autorisation de s'installer sur certains territoires. Ceux-ci ne se trouvaient pas dans l'enceinte de l'empire, mais à proximité, au nord-est du coude du Danube et sur le cours supérieur de la Theiss où ils se trouvaient en situation de rivalité avec d'autres groupes germaniques ou de Sarmates. Ils semblent que le contrat ait été respecté un certain temps et que les Vandales se soient placés sous la protection d'une sorte de protectorat romain. En tout cas, ils ne sont pas mentionnés dans les années suivantes, notamment dans la biographie de l'empereur Marc-Aurèle, parmis les peuples de la région ayant fait l'objet d'interventions militaires romaines. Il faut néanmoins relativiser cette affirmation puisque les Buriens et les Viktovalen s'opposèrent, eux, à ce moment aux Romains et ils étaient comptés parmis les peuples Lugues.

Jordanes mentionne les Hasdings comme alliés aux Goths d'Ostrogotha avec les Carpes contre les empereurs Philippe l'Arabe et Dèce aux alentours de 250. Il est assez probable, si l'on en croit Dexippos, que l'empereur Aurélien ait à nouveau vaincu les Vandales dans la plaine danubienne. Il y eut à cette occasion échange d'otages et engagement de cavaliers vandales dans les armées romaines. On les retrouve ensuite dans le raid que l'empereur mena contre Palmyre. Sous le règne de Probus, il y eut à nouveau des tensions entre Vandales et Romains. D'après Zosime (qui écrivit ap. 500 ap. J.C.), l'empereur romain vainquit les Burgondes, les Longions et les Vandales sur le fleuve Lech. Il ne s'agirait néanmoins pas des Vandales Hasdings du cours supérieur de la Theiss, mais des Vandales Silings (malgré le fait que cette dénomination n'apparaît qu'au Vème siècle en Espagne) qui étaient déjà à l'époque de Ptolémée (IIème siècle ap. J.C.) attestés en Silésie. Nous savons (notamment Jordanès, mais aussi sources romaines dont Panegyricus Maximien) qu'il y eut en 291 une importante bataille à Galtis, sur le cours supérieur du Prout, qui opposa d'un côté Terwingen et Taifales (sous le qualificatif de Goths) et Gépides et Vandales de l'autre côté. Les Goths furent vainqueurs. D'après Jordanes, les Vandales auraient subi une grave défaite face aux Goths sur les bords du Mureş. Le reste du peuple serait mis en suite sous la protection de l'empereur Constantin le Grand (306-337) qui les aurait installé en Pannonie. Ils y demeurèrent 60 ans en paix. Ce sont ces Vandales que Stilicho aurait ensuite appelé en Gaule. Les évènements auraient eu lieu en 334 ou 335. Jordanes rapporte un raid des Vandales en Gaule en 380. Les Vandales auraient participé à l'invasion de 405 sous le commandement de Radagaise avec d'autres Germains et des Alains. Le groupe se serait néanmoins scindé en 3 armées avec chacune leur propre commandement d'après la Chronica Gallica de 452. L'une d'entre elles aurait été celle de Radagaise, battue à Fiesole par Stilicho. Une autre devait être composée majoritairement d'Alains sous le commandement de Goar, elle s'allia finalement aux Romains. Une troisième sous le commandement de l'Alain Respendial s'était adjointes les Vandales Silings. La dernière était composée de Vandales sous le commandement de Godegisèle auxquels s'étaient adjoints des Quades qui se firent de nouveau appeler Suèves en Espagne.

Une fois parvenue dans la péninsule ibérique, il semble qu'on s'en soit remis au tirage au sort pour décider quelles régions reviendraient aux différents groupes ethniques alliés. Les Vandales Hasdings obtinrent la partie orientale de la province de Gallice (aujourd'hui les Asturies et Galice), tandis que les Vandales Silings reçurent la Bétique.

Vers 416-418, les Silings et les Alains subissent de lourdes perdes sous les attaques des Goths conduits par Walla. Le roi Fredebal (ou Fredbal) est tué et le reste des Silings survivants doit se mettre sous la protection des Hasdings, tout comme les Alains d'Addac.

D'après Helmut Castritius, la classe dirigeante vandale devint très rapidement bilingue une fois installée sur des terres anciennement appartenant à l'empire. Même Geisaric comprenait et parlait le latin à la fin de sa vie. A la troisième génération suivant le passage des Pyrénées, la langue vandale était déjà en très nette recul, seulement encore parlée dans quelques groupes en marge.

Les Silings ont donné leur nom à la Silésie. Ils tireraient leur nom d'après Helmut Castritius d'un hydronyme pour lequel des origines celtiques ou germaniques sont possibles.

Contrairement à ce que l'on avance parfois, l'Andalousie ne tire pas son nom des Vandales. Le nom vient de l'arable Al-Andalus qui provient d'un mot gotique signifiant "landlos". Non seulement Andalousie ne peut provenir linguistiquement de *Vandalousie, mais en plus les Vandales ne sont restés que très brièvement dans le sud de l'Espagne.

Convertis à l'arianisme dès la première moitié du Vème siècle.

Das Aufeinandertreffen von vielleicht gerade auf dem Festland ankommenden Langobarden und sich dort bereits aufhaltenden Vandalen könnte der Stoff für ein Lied abgegeben haben, in dem wirkliches Geschehen reflektiert und dichterisch ausgestaltet worden war. Die antiken und frühmittelalterlichen Autoren wussten nachweislich von solchen Liedern und charakterisierten diese als "wahr und alt(ehrwürdig)". Zusätzlich dazu lässt sich für die frühe vandalisch-langobardisch Beziehungsgeschichte aus der altnordischen Überlieferung ein Reflex isolieren, der in gewisser Weise die Historizität des in der langobardischen Herkunfts-und Stammessage behaupteten Geschehens unterstreicht. In diesem Überlieferungsstrang begegnet nämlich ein Seekönig Vandill gepaart und in Reimbindung mit einem Vinnill.
Helmut Castritius, die Vandalen, p.37
 

Victovales (latin : Victovali - probablement vandales)

Groupe dont on sait peu de choses. Ils étaient probablement des Vandales/Lugues, mais peuvent également avoir été des Suèves. Ils prennent part aux guerres marcomanniques et selon l'Histoire Auguste franchissent le Danube en 168 en compagnie des Marcomans : "Victualis et Marcomannis cuncta turbantibus, aliis etiam gentibus, quae pulsae a superioribus barbaris fugerant, nisi reciperentur, bellum inferentibus".

Mentionnés en tant que Victohales par Ammien Marcellin alors qu'ils offrent protection à une partie des Sarmates chassés par la révolte de leurs esclaves :

Ils s’enfuirent dans le pays lointain des Victohales, préférant, dans le choix des maux, le joug de leurs défenseurs à celui de leurs propres esclaves. Quand ceux-ci furent reçus par nous en grâce, les Sarmates se plaignirent de la sujétion que le malheur leur avait fait accepter, et réclamèrent notre protection directe. L’empereur, touché de leurs peines, leur adressa en présence de toute l’armée de bienveillantes paroles, leur enjoignit de n’obéir qu’à lui seul et aux généraux romains.

Ils sont de nouveau mentionnés vers 360 par Eutrope comme étant établies en Dace à cette époque en compagnie des Taifales et des Tervinges (peuples goths).

D'après Helmut Castritius leur nom signifie "les forts au combat".
 

Wisigoths